Mode d’emploi

Paris, le samedi 10 juin 2017 – Indémodable, le thème des rapports entre les hommes et les femmes reste décliné à l’infini dans les romans et les films d’ici et d’ailleurs. C’est l’obsession, l’irrémédiable distance, la destruction qui dominent dans le film d’Argyris Papadimitropoulos, Suntan. Sur la petite île d’Antiparos, un médecin solitaire et introverti, s’éprend d’une jeune touriste qu’il a soignée pour une pathologie bénigne. Face à la froideur de la belle, Kostis, le praticien, entame une longue descente aux enfers masochiste, qui rappelle que même les personnalités les mieux insérées dans la société, les plus reconnues peuvent sombrer pour une histoire d’amour. Kostis enchaîne en effet les négligences professionnelles, tout entier concentré sur l’être aimé et finira même par devoir abandonner son cabinet laissant le spectateur incrédule face à cette chute sous le soleil.

Délivrance

Les histoires d’amour finissent mal en général.  Mais elles peuvent également mal commencer. Ainsi, est celle de Dora avec un inconnu, qui profite de la simplicité d’esprit de la jeune fille, héroïne de Dora ou les névroses sexuelles de nos parents, beau film de Stina Werenfels, pour abuser d’elle. Pourtant, la jeune handicapée mentale va entretenir une relation amoureuse avec lui. Il faut dire que la jeune fille vient de découvrir une nouvelle liberté : sa mère a décidé lors de ses dix-huit ans de cesser de lui administrer tous les traitements qu’elle suivait rigoureusement depuis l’enfance. Une véritable libération advient qui passe par la découverte de son corps, des hommes et de l’autre. La dissertation, rare sur la question taboue de la sexualité des personnes handicapées, offre une réflexion intéressante sur la liberté et les liens entre les hommes et les femmes.

Diligence

Les histoires d’amour peuvent n’être que simulation. Rien n’existe en réalité entre le chauffeur de taxi et sa mystérieuse passagère qu’il conduit à l’hôpital dans le film iranien Un jour nouveau de Seyyed Reza Mirkarimi. Pourtant, l’homme va accepter d’assumer la méprise du personnel de l’établissement qui pense qu’il est son époux. Cette méprise construit un quiproquo souvent retrouvé dans le cinéma iranien et qui permet de mettre en lumière les faux semblants et les contradictions de la société iranienne entre obscurantisme et modernité. Les rapports entre les hommes et les femmes sont le paradigme de cette dualité constante et de cet enfermement. Le film révèle également le sort tragique des femmes célibataires, considérées comme des « patients indigents ».

Trois films qui sont une traversée du monde, vue à travers les liens toujours tortueux, obsessionnels ou salvateurs, entre les sexes.

Cinéma :

Suntan, d’Argyris Papadimitropoulos, 31 mai 2017, 1h44

Dora ou les névroses sexuelles, de Stina Werenfels, 7 juin 2017, 1h37

Un jour nouveau de Seyyed Reza Mirkarimi, 7 juin 2017, 1h28

Aurélie Haroche

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