Mon nom est une légende

Paris, le samedi 5 octobre 2013 - Parmi les multiples surprises que nous réserve l'art et qui permettent de transformer nos modestes vies, la rencontre avec des légendes est un artifice à la fois superficiel, plaisant et déroutant. Ces légendes peuvent être de tous ordres et leurs effets également. Il peut s'agir de se confronter à un auteur à la réputation redoutable (et souvent mieux connu en raison de cette réputation que par ses œuvres). Ainsi depuis le 27 septembre et jusqu'au 25 octobre le théâtre de la Colline à Paris propose l'adaptation d'un roman de jeunesse de Thomas Bernhard, « Perturbation ». Le fils d'un médecin campagne l'accompagne tout au long de sa tournée et découvre les « perturbations » auxquels sont confrontés hommes, femmes, enfants. Le texte est comme souvent une réflexion douloureuse sur la maladie (thème qui hanta Thomas Bernhard) et nous même, portée notamment par le personnage du Prince chez lequel se rendent le médecin et son fils.

Chute de l'idole

Si la réputation de Thomas Bernhard dépasse sa personnalité réelle et s'approche parfois du légendaire, il n'est cependant pas devenu jusqu'à un personnage de fiction. Lady Di en est un pour la première fois dans le film d'Olivier  Hirschbiegel (connu pour avoir réalisé La Chute). Ce premier film sur la princesse star, incarnée par Naomi Watts, qui raconte son histoire d'amour passionnel avec le chirurgien Hasnat Kahn (Naveen Andrews) est-il à la hauteur de la légende ? La presse britannique est unanime : elle a éreinté le film! En France où l'on a su garder un peu plus de distance avec l'icône, on se montre moins sévère avec cette bluette qui ravira les âmes de midinette toujours promptes à savourer les paillettes !

Chute de l'ange

On est loin de cet univers glamour de pauvre petite fille riche dans « L'Etat du ciel », dernier roman de Pierre Péju. Ici c'est un ange, un « véritable » ange qui dessine la légende. Raphael, lassé de l' « état du ciel » s'est laissé tomber sur terre pour soutenir un couple profondément meurtri. Lui est chef de service de gynécologie et d'obstétrique dans un hôpital d'une ville de taille moyenne et elle est une artiste. Ils sont tous deux en proie au désespoir depuis que leur vie a été brisée. L'ange parviendra-t-il à leur permettre une nouvelle naissance ?

De la difficulté de trouver une chute !

Les légendes ne sont pas uniquement des personnages réels, fantasmés ou divins. Elles sont aussi des destinations.  L'architecte et plasticienne Delphine Priollaud-Stoclet, qui a récemment proposé un compte rendu original des Entretiens de Bichât (elle s'est plu à croquer les événements de cette manifestation, et ses dessins ont été suspendus à un fil dans la salle de presse!) suggère de transformer nos voyages en légendes. Rien de plus simple, grâce aux conseils de l'auteur qui fait rimer dessein avec dessin. Il s'agit d'apprendre à regarder et voyager autrement, armé d'un crayon ou d'une palette et non d'un simple appareil photo. Il est possible ainsi d'arpenter le monde de façon différente... et pourquoi pas un rien légendaire.

Aurélie Haroche

Références
Théâtre : « Perturbation » de Thomas Bernhard, mise en scène de Krystian Lupa, théâtre de La Colline, 15, rue Malte-Brun, 75020 Paris, du 27 septembre au 25 octobre.
Cinéma : « Diana », d'Olivier Hirschbiegel, sortie le 2 octobre, 1h53.
Livres : « L'Etat du ciel », de Pierre Péju, Gallimard, 254 pages, 18,50 euros.
« Carnets de voyage », de Delphine Priollaud-Stoclet, Créa-Passions, Collection Beaux-Arts, 144 pages, 18,90 euros.

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