Secrets sous la blouse

Paris, le samedi 16 novembre 2013 – Le dicton affirme que l’habit ne fait pas le moine. Il est vrai que nous cachons sous nos blouses des rêves et des cauchemars souvent différents de ceux que nous laissons transparaître. Le Professeur Jean-Marc Cosset qui a longtemps été chef du service d’oncologie radiothérapie à l’Institut Curie à Paris, auquel le quotidien Libération a récemment consacré un portrait, a pour sa part, aussi longtemps qu’il s’en souvienne, toujours rêvé de porter la blouse de médecin. Néanmoins, d’autres costumes l’ont également séduit : ceux d’acteur et plus encore d’auteur. Dans Radium Girl, son dernier roman policier paru aux éditions Odile Jacob, il réunit la plume et le bistouri en façonnant une intrigue autour d’un meurtrier qui utilise des radiations pour mettre à mort ses victimes. La publication de ce nouvel opus trépidant lui donne l’occasion de se souvenir des secrets qu’il a portés (sous sa blouse) au cours de sa carrière comme lors du traitement par radiothérapie qu’il s’est quasiment auto-administré quand il a découvert être atteint d’un cancer de la prostate. « A 8h15 j’étais à poil sur la table pour mon traitement. A 8h30, j’avais ma blouse blanche et je rendais visite à mes malades » raconte-t-il à Libération.

Une secrétaire gênante

Si les auteurs de roman policier ne sont pas rares parmi les médecins (que l’on songe également au néphrologue Olivier Kourilsky), le goût de l’élucidation, la passion pour l’enquête que représente l’établissement d’un diagnostic et une certaine attirance pour les secrets à démasquer y sont (et ce n’est pas une originalité de le souligner) pour beaucoup. Autre mordu des intrigues, le professeur Jean-Robert Lépan, chirurgien viscéral au CHRU de Lille a signé il y a quelques mois son premier roman « Le secret de Diane ». Comme toujours dans ces polars concoctés par des praticiens, l’univers médical n’est jamais complètement absent. L’héroïne est ainsi secrétaire médicale et va tenter de percer le secret d’une vieille aristocrate qui lui demande de retranscrire l’histoire enregistrée sur des cassettes audio par un certain Max. Très vite, on comprend que sous les tenues très chics de la baronne se cachent quelques noirceurs. Des mystères que Diane, en troquant sa blouse de secrétaire médicale contre une tenue d’enquêtrice va tenter, à ses risques et péril, de dénouer.

Des photos pas sans gène

Pas de blouse blanche pour Kevin Clarke, mais un tablier d’artiste (notamment de photographe) et toujours des secrets à déchiffrer. L’artiste américain qui est exposé pendant deux mois à la galerie Egrégore dans la citée de Marmande présente sa nouvelle série d’œuvres. Celles-ci veulent créer des correspondances entre l’apparence des êtres (que l’on découvre ici sous la forme de portraits classiques) et leur intériorité symbolisé par les initiales des bases A, T, C et G de l’ADN qui sont incrustées dans les clichés. Kevin Clarke poursuit ainsi sa réflexion sur la question de l’identité en faisant du gène le fil conducteur de son travail et de sa recherche. L’un de ses objectifs paraît de faire affleurer, sous les visages de ces sujets, les réels automatismes de leurs destinées.

Des animateurs pas gênés

Les enfants malades eux aussi ont des secrets. Mais ils sont souvent bien plus simples que ceux des héroïnes de Jean-Marc Cosset ou de Jean-Robert Lépan et n’ont pas besoin d’être décodé à la manière d’un génome. Ils veulent, quelques instants seulement, échapper à leurs douleurs et à leurs interrogations, en assistant à la projection d’un film. Ce n’est plus sous la blouse, mais sous la toile que les mystères sont à rechercher. Depuis seize ans, l’association Les Toiles Enchantées, présidée par Alain Chabat permet de réaliser ce désir simple en organisant régulièrement des séances de cinéma dans des services de pédiatrie. Pour permettre de poursuivre ces tournées, un concert est organisé le 25 novembre prochain dans la salle mythique de Bobino. De nombreuses stars du petit écran troqueront leurs costumes d’animateurs et de journalistes contre celui de chanteur, tandis que les fonds récoltés seront tous reversés à l’association. Il n’y a pas de mystère.

Aurélie Haroche

Références
Roman : « Radium Girl », de Jean-Marc Cosset, éditions Odile Jacob, 211 pages, 20,90 euros.
« Le secret de Diane », Jean-Robert Lépan, éditions Nouvelles plumes, 464 âges, 16,95 euros

Exposition : Kevin Clarke à la galerie Egrégore, 92 boulevard Meyniel, 47200 Marmande jusqu’au 12 janvier

Concert : « La télé qui chante », le 25 novembre, 14 rue de la Gaité, 75014 Paris.

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