Toute ressemblance avec des faits réels…

Paris, le samedi 1er avril 2017 – Certains cherchent à s’en émanciper, à l’effacer. D’autres au contraire n’aspirent à rien d’autre que la pénétrer, la sublimer. Xavier Bourdereau, photographe, s’est embarqué à bord de l’aventure du Samu. De cette plongée en immersion, il a tiré plusieurs clichés qui permettent d’appréhender les différents aspects du travail des médecins et infirmières du Samu. On constate notamment combien ces professionnels s’invitent dans l’intimité des patients, pour partager leur fêlure et leurs inquiétudes. Si la réalité est la matière première de cette exposition visible au centre hospitalier de Saint Yrieix La Perche (Haute Vienne) depuis la mi mars et bientôt au centre hospitalier de Saint-Junien, le travail de l’artiste offre une autre dimension au quotidien du Samu. « C’est plus beau que la réalité » a ainsi commenté un des médecins impliqué dans le projet.

Devrait être remboursé par la Sécurité sociale

Cette réalité est souvent l’objet d'a priori la déformant à outrance. Plutôt que de s’en offusquer, le psychiatre David Gourion a décidé de les faire siens. « Les psys n’écoutent jamais », « Mieux vaut voir une voyante », « Je ne suis pas alcoolique, j’aime seulement le bon vin » comptent parmi les nombreuses déclarations entendues régulièrement par David Gourion de la part de patients peu enclins à le consulter. Dans une bande dessinée dont l’humour pourrait être remboursé par la Sécurité sociale, David Gourion, avec l’aide du dessinateur Muzo s’attelle à démonter avec tendresse et parfois ironie ces différents clichés. L’objectif est de réduire l’appréhension très répandue vis-à-vis des psychiatres tout en démontrant que ces spécialistes savent, contrairement à ce qui est communément admis, rire d’eux-mêmes. Pari réussi.

N’aurait peut-être pas dû être remboursé par la Sécurité sociale

Si la réalité est très fréquemment le matériau utilisé par les artistes comme point de départ à leurs œuvres, c’est parce qu’elle se révèle parfois mieux adaptée que certains scénarios fictionnels à la scène. Tel est le cas, aux yeux tout au moins de Pauline Bureau, de l’affaire Mediator (Mon cœur).  En s’inspirant de ce scandale sanitaire, l’écrivain et metteur en scène crée une pièce trépidante et riche en dispositifs scéniques présentée au théâtre des Bouffes du Nord jusqu’à aujourd’hui avant de débuter une tournée qui commencera à Marseille la semaine prochaine.

La spécificité de cette pièce, à la différence de La Fille de Brest, d’Emmanuelle Bercot, est de se concentrer sur le personnage d’une victime, de montrer comment le diktat de la minceur a pu conduire certaines femmes complexées à se vouer à un médicament dont les conséquences ont parfois pu être désastreuses. Une autre façon de lire la réalité.

Exposition : Sans rendez-vous, photographies de Xavier Bourdereau, Centre Hospitalier Roland Mazoin, 12 Rue Châteaubriand, 87200 Saint-Junien

Bande dessinée : Cinquante puissantes raisons de ne pas aller chez le psy, David Gourion, Muzo, Lattès, 149 pages, 15 euros

Théâtre : Mon cœur, de Pauline Bureau, tournée à partir du 5 avril, http://www.part-des-anges.com/part-des-anges_spectacle_mon-coeur.htm

Aurélie Haroche

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