L’allergologie plus que jamais en crise !

Paris, le mercredi 21 octobre 2015 – Une réforme du troisième cycle des études médicales, impliquant notamment une révision de la liste des diplômes d’études spécialisées (DES) est l’objet de réflexion depuis 2009. Plusieurs fois ajournées, les discussions pourraient avoir enfin trouvé leur issue : un décret est en cours de publication. Celui-ci avait suscité d’importants espoirs qui semblent aujourd’hui déçus, notamment chez les allergologues. Ces derniers défendent depuis de nombreuses années la nécessité de mettre en place un véritable DES d’allergologie et d’immunologie clinique, qui viendrait remplacer le Diplôme d’étude spécialisé complémentaire (DESC).

Population vieillissante

Ce schéma est en effet peu attractif pour les étudiants, tandis que la disparition de la capacité en allergologie (au moment de la réforme des études de médecine générale) limite la possibilité pour les médecins généralistes de s’investir dans ce domaine. Ainsi, aujourd’hui, on recense 1 500 allergologues, ce qui inclut les pneumologues et dermatologues ayant passé un DESC et les médecins généralistes ayant également obtenu un DESC ou une capacité en allergologie. Il s’agit d’une population vieillissante, ce qui laisse présager une disparition de la profession. Cette perspective inquiète depuis plusieurs années les syndicats d’allergologues. « La moyenne d’âge chez les libéraux est de 56 ans et il y a peu d’allergologues formés ces dernières années, beaucoup moins en tout cas qu’il y a trente ans. Il est possible que l’allergologie disparaisse en tant que telle dans 15 ans » prophétise sombrement Isabelle Bossé, présidente du syndicat français des allergologues. Pourtant, ces derniers font remarquer que la demande est croissante, liée notamment à la multiplication des substances potentiellement allergisantes et au vieillissement des autres spécialistes vers lesquels se tournent les patients souffrant d’allergie. Par ailleurs, les "allergologues"  offrent la possibilité d’une prise en charge plus globale que les spécialistes d’organe. Enfin, les syndicats rappellent que cette spécialité est reconnue à part entière dans une quinzaine de pays, dont les Etats-Unis et que cette voie est un gage pour le développement de la recherche fondamentale et clinique.

Charlatans

Ces différents arguments nourrissent depuis de nombreuses années les plaidoyers en faveur de la création d’un DES d’allergologie et d’immunologie clinique. Las le décret finalisé en cours de publication ne répond pas à leurs attentes et refuse à cette discipline la reconnaissance espérée. C’est la déception et la colère qui dominent chez ces "spécialistes" qui depuis plusieurs semaines déjà fustigent l’orientation  du gouvernement. Sans doute, les allergologues payent-ils en partie le discrédit qui s’est abattu ces dernières années sur la profession, à la faveur notamment des propos outranciers de certains : le professeur Even n’avait ainsi pas hésité dans son précédent opus à faire des allergologues des « charlatans », une "opinion" sans appel qui si elle a été condamnée par le Conseil de l'Ordre des médecins a probablement laissé des traces.

Aurélie Haroche

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