Antirétroviraux et transmission du VIH : l'affaire vue par la commission suisse

Après avoir pris connaissance des faits scientifiques, à la demande de la Commission d’experts clinique et thérapie VIH et sida (CCT) de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) et après avoir longuement délibéré, la Commission fédérale pour les problèmes liés au sida (CFS) arrive à la conclusion suivante: Une personne séropositive ne souffrant d’aucune autre MST et suivant un traitement antirétroviral (TAR) avec une virémie entièrement supprimée (condition désignée par «TAR efficace » ci-après) ne transmet pas le VIH par voie sexuelle, c’est-à-dire qu’elle ne transmet pas le virus par le biais de contacts sexuels. Cette affirmation reste valable à condition que: – la personne séropositive applique le traitement antirétroviral à la lettre et soit suivie par un médecin traitant; – la charge virale (CV) se situe en dessous du seuil de détection depuis au moins six mois (autrement dit: la virémie doit être supprimée depuis au moins six mois); – la personne séropositive ne soit atteinte d’aucune autre infection sexuellement transmissible (MST). Introduction Une des tâches de la CFS consiste à rendre publics les nouveaux éléments découverts sur le caractère infectieux des personnes séropositives suivant un traitement antirétroviral à l’efficacité optimale. La CFS veut atténuer les craintes des personnes séropositives et séronégatives afin de permettre à une partie des quelque 17000 personnes séropositives vivant en Suisse d’avoir une vie sexuelle quasi «normale». Bases scientifiques et évidences Un «TAR efficace» désigne toujours un traitement VIH qui rend indétectable et de manière stable la charge virale dans le sang (CV inférieure au seuil de détection, moins de 40 copies/ml). Le TAR est réputé stable lorsque la CV se situe en dessous du seuil de détection depuis au moins six mois. La CFS est consciente que d’un point de vue strictement scientifique, les éléments médicaux et biologiques disponibles à l’heure actuelle ne prouvent pas qu’un TAR efficace empêche toute infection au VIH (en effet, il n’est pas possible de prouver la non-survenance d’un événement certes improbable, mais théoriquement envisageable). Reste que du point de vue de la CFS et des organisations concernées, les informations disponibles à ce jour sont suffisantes pour justifier ce message. La situation est comparable à celle de 1986, lorsqu’il a été communiqué publiquement que le VIH ne se transmet pas par un baiser avec la langue. Si cette constatation n’a jamais pu être prouvée, plus de vingt années d’expérience du VIH ont néanmoins permis d’étayer sa forte plausibilité. Cependant, les faits et critères scientifiques soutenant l’affirmation selon laquelle les personnes séropositives ne souffrant d’aucune autre MST et suivant un traitement antirétroviral efficace ne transmettent pas le VIH par la voie sexuelle sont nettement plus favorables qu’en 1986. En conséquence, la CFS et les organisations concernées sont d’avis que les informations disponibles actuellement sont suffisantes pour justifier ce message. Il s’agit ici d’évaluer le risque de transmission du virus lorsqu’une personne suivant un TAR efficace a des rapports sexuels non protégés. Données épidémiologiques Dans le cas de couples sérodifférents (une personne VIH positive et une personne VIH négative), le risque de transmission dépend de la charge virale de la personne séropositive [1] (fig. 1). Une étude longitudinale portant sur 393 couples hétérosexuels séro

Voir : http://www.saez.ch/pdf_f/2008/2008-05/2008-05-089.PDF

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