Etude d'imprégnation aux PCB : pas forcément utile

Dans le cadre du PRSE 2, l’Agence régionale de santé de Haute-Normandie a souhaité impliquer la Cire Normandie afin d’étudier la faisabilité de la mesure de l’imprégnation aux polychlorobiphényles (PCB) de la population du littoral haut-normand. La Cire a parcouru la littérature disponible sur le sujet et consulté des référents de l’ Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), l’Agence de l’eau Seine-Normandie (AESN), le Groupement d’intérêt public (GIP) Seine- Aval et l’Institut de veille sanitaire, Département santé environnement (InVS-DSE). Actuellement, du fait de la contamination des poissons par les PCB, la pêche est réglementée sur un certain nombre de cours d’eau de la région. Ainsi, il apparaît que la situation environnementale liée à la contamination des poissons par les PCB est surveillée et réglementée pour éviter l’exposition de la population locale. Si une étude venait à renseigner l’imprégnation des personnes exposées aux PCB sur le littoral normand, elle devrait s’intéresser aux populations consommant des produits de la mer principalement. Cependant, il apparaît qu’il n’existe aucune information sur l’effectif que cela représenterait, ni sur la réalité d’exposition et il est établi que les pêcheurs de Seine-Maritime pêchent et consomment le poisson malgré leur connaissance des interdictions. Par ailleurs, s’agissant des bénéfices individuels et collectifs qu’apporterait une étude sur l’imprégnation de la population aux PCB, il apparaît qu’aucune prise en charge n’existe et les résultats scientifiques sur les effets sanitaires des PCB sur l’homme restent incomplets. D’un point de vue collectif, le bénéfice serait lié à l’amélioration globale du niveau d’exposition et de l’état de santé de la population concernée. L’étude apporterait des fréquences de consommation maximale de poissons fortement bio-accumulateurs de PCB sans risque pour l’homme sur le long terme. Cependant, ces recommandations existent déjà. L’ensemble des éléments collectés par la Cire montrent qu’au vu des connaissances disponibles et s’agissant de construire des recommandations pour les bénéfices individuels et collectifs de la population dans le contexte local du littoral haut-normand, il apparaît improductif de mettre en place une étude d’imprégnation. En effet, cette étude aboutirait à proposer des recommandations et des servitudes déjà mises en place, sans bénéfices supplémentaires pour la santé publique.

Voir : http://www.invs.sante.fr/content/download/60308/241082/version/1/file/etude_impregnation_pcb_littoral_haut_normand.pdf

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