Halte aux dérives sectaires

Il y a bien longtemps, au moins un quart de siècle, l’État ne se préoccupait pas de ces mouvements que l’on appelait, sans chercher plus loin, sectes. Les uns en souriaient, mais les autres voulaient réveiller l’opinion publique. Un Premier ministre confiait la rédaction d’un rapport sur le sujet parlementaire en mission. Roger Ikor interpellait le Président de la République, les familles s’organisaient en associations de défense des victimes, Parlement créait une Commission d’enquête, le Gouvernement mettait sur un Observatoire, un nouveau Premier ministre instituait une Mission de contre les sectes, un autre la transformait en Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires, les médias presque unanimes dénonçaient le fléau des méthodes d’emprise de ces groupes. Bref, la prise de conscience du phénomène était bien réelle, et le sentiment que l’on ne pouvait décharger de ce problème sur la sphère privée, largement partagé. Au-delà des nuances liées aux sensibilités politiques des uns et des autres, au-delà des subtilités de vocabulaire, c’est en fait toute une politique prévention, d’information, d’aide aux victimes et à leurs familles, et de lutte contre toutes les formes de dérives sectaires qui a pris forme petit à petit à la lumière des expériences acquises, dans le plus large consensus politique qu’un de société ait jamais pu réunir dans notre pays. La mouvance sectaire, qu’elle se manifeste dans le domaine spirituel, philosophique, ésotérique, occultiste… en perte de vitesse très sensible depuis début du nouveau siècle, ou qu’on la retrouve dans ses expressions plus modernes et mieux adaptées à l’attente de nos concitoyens que sont les thèmes santé, de la formation, du développement personnel, du coaching ou de l’accompagnement sur mesure etc… ne pouvait laisser faire sans réagir et force de reconnaître qu’elle a su s’organiser rapidement pour riposter, au double national et international. Son discours est désormais bien au point : Toute action de l’État en ce domaine est attentatoire à l’exercice libertés publiques et en particulier à la liberté de croyance, sans que la notion de croyance puisse le plus souvent être réellement mise en évidence. Toute mise en garde des pouvoirs publics est discriminatoire, toute accusation diffamatoire. Il n’y a pas de victimes, seulement des apostats dont les témoignages sont plus que sujet à caution. Il n’y a pas de faits établis, il n’y a que des rumeurs.

Voir : http://www.miviludes.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_Miviludes_2007.pdf

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