La France palliative

A la veille du vote de la loi du 22 avril 2005, le Ministre de la Santé, Philippe Douste- Blazy, qui m’avait associée aux travaux préparatoires de la loi, me confie une mission d’accompagnement de cette loi auprès des tutelles. Relancé par l’affaire Humbert, le débat sur la fin de vie et la dignité du mourir permis d’identifier les peurs qui traversent le corps social. Peur de souffrir, peur d’être victime d’acharnement thérapeutique, peur d’être abandonné et de mourir seul. L’esprit du législateur est alors, au-delà du nécessaire renforcement des structures de soins palliatifs, d’imposer aux établissements de santé et du médico-social l’harmonisation des bonnes pratiques en fin de vie, et de diffuser largement la culture palliative, afin que chaque Français puisse, où qu’il meure, trouver des conditions d’humanité et de dignité pour fin de vie. L’actualité est régulièrement traversée par des faits divers qui montrent que les professionnels de la santé sont encore démunis devant des fins de vie très douloureuses, voire insupportables, et qu’ils ont alors recours à l’euthanasie de manière solitaire et clandestine manifeste des 2000 médecins déclarant avoir pratiqué l’euthanasie, au moment de la campagne présidentielle). Nous sommes là devant des pratiques illégales, qui n’ont plus lieu d’être. La loi du 22 avril 2005, « Droits des malades et fin de vie », autorise les médecins à soulager toutes les souffrances en fin de vie, même si les moyens qu’ils utilisent ont pour effet inévitable d’écourter la vie. Néanmoins, elle pose des conditions de bonnes pratiques : - l’injection létale est interdite, - les décisions doivent être prises en accord avec le patient et la famille, - elles doivent être collégiales et transparentes. Il y a dix ou quinze ans, lorsque les traitements de la douleur et les soins palliatifs n’avaient pas encore fait les progrès qu’ils ont faits aujourd’hui, certains médecins démunis ont pu estimer qu’ils n’avaient pas d’autres moyens de soulager les souffrances extrêmes que pratiquer l’euthanasie. Mais aujourd’hui, ce n’est plus acceptable. Toutes les souffrances, même les plus réfractaires, peuvent être soulagées. Affirmer le contraire, comme on le fait tous les jours, est tout simplement faux. Il faut que les Français, qui expriment légitimement leur peur de terminer leur vie dans des souffrances insupportables, soient rassurés. La loi « Droits des malades et fin de vie oblige les médecins à les soulager. Ils en ont les moyens et ils peuvent le faire sans recourir l’euthanasie.

Voir : http://www.mariedehennezel.com/accueil/La%20France%20palliative.pdf

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