Les "bons" comptes ne font pas nécessairement les bons amis

En 2016, le déficit de la sécurité sociale a poursuivi le mouvement de baisse progressive engagé après le niveau historiquement élevé qu’il avait atteint en 2010 (29,8 Md€) dans le contexte de la crise économique : le déficit agrégé de l’ensemble des régimes obligatoires de sécurité sociale et du Fonds de solidarité vieillesse (FSV) s’est établi à 7 Md€, contre 10,3 Md€ en 2015, en revenant ainsi au niveau d’avant la crise économique . Mais ces résultats apparaissent encore fragiles et incomplets . En effet, la situation financière de la sécurité sociale n’est pas encore assainie . Le rééquilibrage de ses comptes reste lent . La diminution effective des déficits en 2016 s’avère moins importante qu’affiché du fait de la prise en compte, à tort, d’une recette purement comptable . Leur composante structurelle en représente encore plus de la moitié . Si le reflux de la dette sociale, amorcé en 2015, s’est confirmé, celle-ci continue à s’inscrire à un niveau élevé (151,2 Md€ fin 2016, contre 156,4 Md€ fin 2015) et demeure pour partie dangereusement exposée au risque d’une remontée des taux d’intérêt . Le décalage annoncé d’un an, à 2020 désormais, de l’objectif du retour de la sécurité sociale à l’équilibre diffère une nouvelle fois cette échéance essentielle . Dans le prolongement de l’audit des finances publiques, prises dans leur ensemble (État, collectivités locales, administrations sociales), auquel elle a procédé en mai dernier, comme de ses rapports des années antérieures sur la sécurité sociale, la Cour s’est attachée à approfondir la trajectoire financière de celle-ci à l’horizon 2020 . À cette fin, elle a analysé dans différents champs de dépenses les progrès réalisés, mais aussi les voies et moyens possibles pour répondre à l’exigence d’un rééquilibrage à la fois plus rapide et pérenne des comptes sociaux . Après plus d’un quart de siècle de déficits continus - une génération entière -, le retour à l’équilibre de l’assurance maladie (4,8 Md€ de déficit en 2016 sur un plan purement comptable, mais 5,5 Md€ en réalité), constitue une priorité majeure . L’objectif national de dépenses d’assurance maladie (ONDAM), entaché dans sa construction d’éléments d’insincérité, n’est respecté qu’au prix d’artifices croissants qui risquent de le priver de sa signification . À court terme, les facteurs de hausse de dépenses se cumulent

Voir : https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2017-09/20170920-synthese-rapport-securite-sociale-2017_1.pdf

Copyright

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article