Les records du monde ne seront plus ce qu'ils étaient

Aussi surprenant que cela puisse paraître, les records du monde, au delà de leur signification à l’échelle de l’histoire du sport, sont aussi sources de controverse scientifique en ce qu’ils génèrent les indicateurs des limites physiologiques humaines. L’équipe de l’IRMES, Institut de Recherche bioMédicale et d’Epidémiologie du Sport, dont l’Inserm est partenaire* vient d’analyser l’ensemble des 3263 records du monde homologués des 5 disciplines olympiques quantifiées (athlétisme, natation, cyclisme, patinage de vitesse, haltérophilie) établis entre 1896, année des premiers Jeux olympiques de l’ère moderne, et aujourd’hui. Ils concluent qu’en 2027 la moitié des records du monde ne sera plus améliorable de façon significative. Leurs résultats sont publiés dans la revue PLoS One datée du 6 février 2008. Le modèle statistique mis au point par l’équipe coordonnée par Jean-François Toussaint prévoit que les limites physiologiques de l’espèce humaine seront atteintes dans une génération. Outre leur influence sur les conditions d’entraînement et l’organisation des compétitions, ces données pourraient modifier notre façon de considérer la devise olympique : à la place du « Plus loin, plus haut, plus fort », les sportifs des années 2050 devront-t-ils se contenter d’un « Aussi loin, aussi haut, aussi fort » ? De plus, ces résultats pourraient être utilisés pour comparer les futures performances athlétiques et contribuer à apprécier l’impact des politiques antidopage internationales. L’analyse épidémiologique de l’évolution annuelle du nombre de records du monde montre que celle-ci a été soumise à de larges fluctuations au cours de l’ère olympique moderne (1896 – 2007). Après une première phase (1896 – 1968) de rapide amélioration, uniquement interrompue par les deux guerres mondiales, une importante régression est observée depuis près de 40 ans (1968-2007). L’analyse démontre aussi que l’évolution du gain de performance entre chaque nouvelle marque est en train de régresser. En 2007, les records ont atteint 99% des “limites” estimées par le modèle statistique. Selon celui-ci et considérant que les conditions physiologiques présentes vaudront pour les 20 prochaines années, la moitié de ces records sera alors établie à 99,95% de leur valeur limite (en conséquence, le 100m plat masculin, se situant alors autour de 9,67s, ne pourrait plus être améliorable que de quelques millièmes de

Voir : http://www.inserm.fr/fr/presse/communiques/att00005753/toussaint_060208.pdf

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