Propositions pour développer les collectes de sang de cordon en France

L’humanité dispose d’une ressource thérapeutique abondante, simple d’accès et ne posant aucun problème éthique majeur. Il s’agit du sang placentaire, appelé plus communément sang de cordon ombilical car c’est dans cette partie du placenta qu’il est collecté. Le sang transitant par le cordon ombilical, qui alimente en oxygène l’enfant à naître, a été considéré depuis le début du XXe siècle comme un moyen de soigner les pathologies sanguines en raison de sa grande richesse cellulaire. On sait aujourd’hui plus précisément qu’il s’agit d’une richesse en cellules souches capables de reconstruire les tissus humains lésés. Cette propriété du sang de cordon est à l’origine de trois types d’application. La première, déjà courante, est la thérapie des maladies du sang, où le cordon ombilical remplace avantageusement les greffes de moelle osseuse. Plus de dix mille personnes ont bénéficié d’une greffe de cellules extraites du sang de cordon depuis la première opération réalisée voici vingt ans par le professeur Eliane Gluckman et son équipe de l’hôpital Saint-Louis. La deuxième est une perspective dont la réalisation se dessine à court terme : il s’agit de collecter dans le sang les cellules souches capables de reconstituer la peau, ce qui permettra d’une part, de soigner les grands brûlés, d’autre part, de donner aux pharmacologues des tissus humains constituant une alternative pour tester leurs nouveaux médicaments, susceptibles de remplacer en tout ou partie les modèles animaux, voire humains, sur lesquels ils travaillent. Le dernier type d’application est attendu à moyen ou long terme. Il s’agit de développer à partir des cellules souches extraites du sang de cordon des thérapies régénérant différents organes, allant du muscle cardiaque à la rétine et sans doute jusqu’aux neurones du cerveau. L’enjeu de santé publique se double ici d’une question stratégique pour permettre à la recherche française de se maintenir au plus haut niveau, dans un contexte de concurrence internationale exacerbé. La France, pionnière en matière de thérapies issues du sang de cordon, ne peut se passer d’une politique publique en ce domaine d’autant que, malgré ses avantages objectifs (plus de huit cent mille naissances

Voir : http://www.senat.fr/rap/r08-079/r08-0791.pdf

Copyright

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article