Qu'est-ce qu'on mange demain?

Plus d’un milliard d’êtres humains souffrent actuellement de la famine ! En 2050, nous serons 9 milliards à nourrir, ce qui nécessitera d’augmenter de 70 % notre production agricole en 40 ans, sans pratiquement pouvoir augmenter les surfaces cultivables. Pour cela, il faudra faire appel aux progrès de la génétique, augmenter l’irrigation, les engrais et lutter contre les ennemis des cultures. De plus, le mode alimentaire occidental tend à s’imposer dans le monde, augmentant les besoins en viande et en lait. La production animale demande beaucoup de céréales, de compléments azotés et beaucoup de surface agricole. Elle ne pourra que difficilement s’accroitre d’ici 2050. Les ressources alimentaires d’origine aquatique, de leur côté, ne sont extensibles que par les seuls progrès de l’aquaculture. Globalement, tout laisse à penser que, demain ou après-demain, nous serons amenés à réduire notre consommation de produits d’origine animale. Voilà les réalités ; quant aux fantasmes, ce serait l’illusion de croire que rien ne va changer pour nous, que les affamés resteront sur leur faim, que les échanges sur le marché planétaire de l’alimentation pourront se faire sans régulation des prix, et d’ignorer les grandes incertitudes liées aux changements climatiques. Dans ce contexte pédo-climatique, il faut aussi prendre conscience du fait que l’alimentation, de fonction biologique première, est devenue une fonction sociale essentielle. Elle fonde et justifie des notions de justice sociale (répartition des ressources), participe des religions (pureté, interdits, rituels, règles et normes), constitue la première source de bien-être et de plaisir mais aussi de stress et d’anxiété. Elle est devenue enfin un objet de consommation porteur d’imaginaire et de fantasmes. Cette importance sociale est mise en évidence d’une manière caricaturale lorsque l’on constate la superposition des distributions respectives des types d’alimentation, des ressources, et de l’obésité. Elle est également soulignée par le rôle de la « commensalité » sous des formes très diverses dans l’organisation du temps collectif. Ce rôle structurant pour l’individu comme pour la société doit être préservé. Il faut chasser ces fantasmes de l’uniformisation, née d’une alimentation devenue un service de détail, et du transfert de la responsabilité des choix au seul individu face à son réfrigérateur. Les USA et leur taux d’obésité sont là pour en démontrer tout le danger. Dans nos pays occidentaux, la part de l’alimentation dans les budgets familiaux continue de diminuer (réduction de 50% en 30 ans). D’une manière générale, les dépenses quotidiennes alimentaires varient en fonction des ressources des ménages, les plus fortes inégalité

Voir : http://acadpharm.net/dos_public/CR_25_mars_long_8_juin.pdf

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