Quand la taurine n'était pas bien vue par l'AFSSA

Par courrier reçu le 11 août 2006, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a été saisie le 10 août 2006 par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes d'une demande d'évaluation des risques liés à la consommation d’une boisson présentée comme « énergisante » additionnée de substances autres qu'additifs technologiques : taurine, D-glucuronolactone, inositol, vitamines B2, B3, B5, B6 et B12. Après consultation du Comité d’experts spécialisé « Nutrition humaine » réuni le 28 septembre 2006, l’Afssa rend l’avis suivant : Considérant le produit : La demande concerne une boisson dite « énergisante » contenant notamment de la caféine (80 mg/250 mL), de la taurine (1000 mg/250 mL), de la D-glucuronolactone (600 mg/250 mL), de l’inositol (50 mg/250mL) et cinq vitamines : B2 (1,5 mg/250 mL), B3 (20,5 mg/250 mL), B5 (5 mg/250 mL), B6 (5 mg/250 mL) et B12 (5 μg/250 mL) ; la boisson est présentée comme « destinée particulièrement à soutenir une activité intense et à vivifier le corps et l’esprit ». La consommation préconisée par le pétitionnaire est de deux canettes par jour, soit un apport maximal quotidien de 160 mg de caféine, 2 g de taurine, 1,2 g de D-glucuronolactone, 3 mg de vitamine B2, 41 mg de vitamine B3, 10 mg de vitamine B5, 10 mg de vitamine B6 et 10 μg de vitamine B12 . Il est à souligner que la consommation de deux canettes apporte des doses de taurine et de D-glucuronolactone environ 10 fois (2000 mg) et mille fois (1200 mg) plus élevées respectivement que les doses journalières apportées par l’alimentation (dépassant rarement 180 mg par jour pour la taurine (Laidlaw et al., 1990) et 1 à 2 mg par jour pour la D-glucuronolactone). La cible du produit est celle de sujets ayant une « activité intense » ; cette mention est ambiguë ; les étiquetages du produit dans d’autres pays de la communauté européenne allèguent dans la majorité des cas des effets sur la performance, dans certains cas sur la récupération et les capacités de concentration ; ces éléments portent à croire que cette mention se réfère à l’activité « physique » ; les mentions « vivifie le corps et l’esprit » et « boisson énergisante » de l’étiquetage français laissent en outre entendre que les sujets ayant une activité physique intense et/ou une activité mentale intense pourraient représenter une cible potentielle du produit. Considérant l’historique de l’évaluation du dossier : La commercialisation du produit n’est pas autorisée en France à la suite d’un avis défavorable rendu par le Conseil supérieur d’hygiène public de France (CSHPF) le 10 septembre 1996. Parallèlement, au niveau communautaire, l’évaluation menée par le Scientific Committee on Food (SCF) (SCF, 1999) a conclu en 1999 à l’impossibilité d’assurer avec certitude que les teneurs de taurine et de D-glucuronolactone relevées dans le produit ne présentent aucun risque pour la santé ; il avait donc été recommandé de procéder à des études plus approfondies. Les données toxicologiques complémentaires (administration de la boisson chez la souris), évaluées le 27 mars 2001 par l’Afssa (Afssa, 2001) et le 5 mars 2003 par le SCF (SCF, 2003), souffraient d’une méthodologie d’étude rendant les effets observés difficilement interprétables. Les données expérimentales toxicologiques chez le rat (toxicocinétique et toxicité subaiguë de la taurine et de la D-glucuronolactone) évaluées le 5 mars 2003 par le SCF (SCF, 2003) et le 5 mai

Voir : http://www.afssa.fr/Documents/NUT2006sa0236.pdf

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