Qui a été donneur de gamètes en 2016?

Le Code de la santé publique prévoit depuis 2011 que les personnes majeures n’ayant pas procréé peuvent donner leurs gamètes et qu’elles se voient alors proposer le recueil et la conservation d’une partie de ces gamètes en vue d’une éventuelle réutilisation ultérieure, à leur bénéfice, d’une assistance médicale à la procréation (art. L. 1244-2, al. 3). Cette double innovation de la loi bioéthique de 2011 – ouverture du don à la personne n’ayant pas procréé et possibilité de conservation autologue- a été à l'origine de nombreuses questions. Les décrets du 13 octobre 2015 et l’arrêté du 24 décembre 2015 ont précisé les modalités de ces dons. Depuis janvier 2016, tous les CECOS peuvent donc recruter des donneurs et donneuses avec ou sans enfants, et il nous a semblé important d'analyser les résultats de cette première année. 1/Concernant le don d'ovocytes: Nous avons analysé les résultats de 22 CECOS. Figure 1 : Recrutement des donneuses d’ovocytes En 2016, on note une augmentation importante des candidates aux dons, puisque 1049 femmes se sont présentées dans les CECOS, versus 750 en 2015 et 619 en 2014. Cette augmentation est liée aux femmes sans enfant qui représentent environ 30% des candidates donneuses. On peut aussi observer que le mode de recrutement a changé. Alors que dans les années précédentes la majorité des candidates donneuses étaient relationnelles, adressées par un couple demandeur, cette année une plus forte proportion des candidates sont venues spontanément, probablement en lien avec les campagnes nationales d'information sur le don de gamètes de l'Agence de Biomédecine. Les donneuses avec enfant ont 31,8 ans en moyenne, versus 28,6 ans pour les donneuses sans enfant. Trente pour cent des donneuses avec enfant ont moins de 30 ans versus 59% pour les donneuses sans enfant. Ces dernières sont majoritairement célibataires (59%) versus 11,6% chez les donneuses avec enfant. Figure 2 : Répartition des donneuses avec ou sans enfant en fonction de l’âge Le pourcentage de candidates acceptées pour le don est de 55% pour celles ayant procréé et de 52% pour celles n'ayant pas procréé. Les causes génétiques (11%) et l'insuffisance de réserve ovarienne (6%) représentent la majorité des causes d'exclusion du don et sont identiques dans les deux groupes ayant ou n'ayant pas procréé. Les abandons pour motivation insuffisante et les exclusions pour raisons psychologiques représentent respectivement 15,6 et 21,2% chez les femmes avec ou sans enfant. Enfin, puisque selon la loi, il a été proposé aux donneuses n'ayant pas procréé, de pouvoir conserver une partie de leurs ovocytes pour elles-mêmes, on observe que sur les 150 donneuses acceptées pour réaliser un don, 56% d'entre elles ont souhaité une autoconservation d'une partie de leurs ovocytes. Et ni l’âge des donneuses ni leur situation familiale (célibataire ou en couple) ne semblent influer sur leur décision. Chez les donneuses avec enfant, la ponction a permis de recueillir en moyenne 9.5 ovocytes, versus 10.0 chez les donneuses sans enfant. Pour ces dernières, sur les 10 ovocytes prélevés, 7 ont été destinés au don et 3 ont été autoconservés.

Voir : https://www.cecos.org/content/le-recrutement-des-donneurs-de-gametes-dans-les-cecos-en-2016

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