Substances psychoactives et milieu social

Explorer les modes de consommation de différentes substances psychoactives permet de montrer que le rapport au produit ne se résume pas à une simple caractéristique sexuelle. Si certains produits sont plus consommés par les hommes (alcool et cannabis) et d'autres par les femmes (médicaments psychotropes), ces tendances peuvent varier suivant l'âge, le niveau d'éducation et le milieu social des personnes. Les modes de consommation apparaissent moins liés au sexe des individus qu'aux rôles sociaux qui modèlent les rapports entre hommes et femmes. Les différences de comportements entre hommes et femmes sont moins marquées dans les milieux favorisés que dans les milieux populaires, suggérant que la prévention, si elle a à gagner à prendre le genre en considération, ne peut faire l'économie d'accorder une place importante aux contextes sociaux de consommation. Les approches prenant en compte les rapports sociaux de sexe dans la prévention et la réduction des risques liés aux usages de substances psychoactives se révèlent beaucoup plus limitées en France que dans la plupart des pays anglo-saxons et que dans certains pays en partie francophones comme le Canada ou la Suisse. Elles reposent principalement sur l'observation des seules consommations d'alcool et de tabac et sont encore souvent empreintes d'une vision stéréotypée de la « nature des femmes » qui, à ce jour, n'a toujours pas complètement disparu du champ de l'alcoologie française. L'objectif de ce travail est également de faire le point sur les données les plus récentes en matière d'usages de drogues et d'explorer les différences entre hommes et femmes à leur égard. Les consommations de drogues, licites ou non, revêtent souvent des significations différenciées selon le sexe, mais il convient de mesurer à quel point ces divergences sont modulées par le milieu culturel, économique et social. Les écarts de niveaux de consommations entre hommes et femmes, variables suivant leur âge, leur niveau d'instruction et leur milieu social, invitent à faire du genre1 une question importante dans la compréhension de ces pratiques comme dans la conception des actions de prévention et de gestion des addictions.

Voir : http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/FHPARIT08E.PDF

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