Des cosmétiques pas toujours très clean

Paris, le mercredi 28 juin 2017 – Les produits cosmétiques au sens large (des crèmes hydratantes aux gels douche en passant par les dentifrices et les déodorants) sont dans l’œil du cyclone. Leur composition est régulièrement mise à nu afin de déterminer d’une part si elle correspond aux mentions portées sur l’étiquetage et d’autre part si elle ne recèle par des substances dangereuses. Ce petit exercice, répété régulièrement par le magazine 60 millions de consommateurs n’est pas sans présenter quelques limites. La dangerosité de certaines substances retrouvées, qui plus est aux teneurs détectées, n’est en effet pas toujours étayée. Par ailleurs, une confusion s’installe parfois entre ce qui relève d’une infraction à la réglementation et ce qui est sujet à caution au regard de données parfois encore préliminaires de la science.

Des anomalies dans près d’un quart des cas

Cependant, tout est effectivement loin d’être propre au royaume des cosmétiques. Contraints depuis quatre ans d’appliquer une nouvelle réglementation, qui multiplie notamment leurs obligations d’information, les fabricants sont en effet loin d’avoir tous fait évoluer leur pratique. Des manquements apparaissent, en particulier en ce qui concerne l’étiquetage, comme le révèle un récent rapport de la Direction générale de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Les enquêteurs de cette institution ont passé au crible 8 000 produits cosmétiques, qui comptent parmi les plus fréquemment utilisés. Parmi eux, 700 ont été l’objet d’une analyse en laboratoire. Les anomalies n’ont pas été rares, concernant 22 % des contrôles (tandis qu’un défaut a été épinglé dans 39 % des établissements visités).

Contraires aux réglementations dans 15 % des cas

Première irrégularité majeure : l’étiquetage. Celui-ci s’est révélé non conforme pour 600 produits. Informations rédigées dans une autre langue que le français, absence de mentions obligatoires telles que la date de péremption, ou encore, plus préoccupant, absence de liste d’ingrédients ou de numéro de lots ont figuré parmi les manquements les plus fréquents. Par ailleurs, des divergences entre les substances annoncées et retrouvées ont été régulièrement constatées : dans 37 % des cas des distorsions existent (la présence d’allergènes non mentionnés est notamment fréquente).  Les experts de la DGCCRF ont pu à cet égard régulièrement observer que les mentions alléchantes du type « sans parabène » ou « sans allergène » sont souvent erronées. Plus grave encore, dans 15 % des cas, la réglementation était enfreinte. Il s’agissait notamment du dépassement des limites réglementaires pour les filtres chimiques des produits solaires et de la découverte de traces de métaux lourds (principalement dans les produits à base d’argile).

Pas joli, joli

Face à ces contaminations (volontaires ou non), les industriels se montrent généralement de bonne volonté, retirant eux-mêmes le produit incriminé. Mais sept fois en 2016, des arrêtés préfectoraux ont « dû prescrire un retrait rappel ». La DGCCRF signale par ailleurs que les manquements ne sont pas systématiquement le fait des grandes entreprises. Les petits producteurs se montrent également régulièrement peu regardants sur les règles à appliquer, en particulier en matière d’enregistrement des produits. Ainsi, « le plan annuel réalisé par la DGCCRF fait apparaître que, malgré une large communication sur le nouveau règlement entré en application depuis près de quatre ans, divers opérateurs méconnaissent encore l’étendue des obligations qui leur incombent (…). Ces manquements sont pourtant préjudiciables aux consommateurs » déplore l’institution. Alors que l’on apprend parallèlement qu’aux Etats-Unis, la Food and Drug Administration a vu augmenter le nombre de plaintes pour effets indésirables associés aux cosmétiques (ce qui est également bien sûr le reflet d’une plus grande sensibilisation des utilisateurs), l’opération beauté propre a encore de beaux jours devant elle.

Aurélie Haroche

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