DIU en contraception d'urgence : une opportunité à ne pas négliger

Si la contraception d'urgence fait appel le plus souvent à la prise de comprimés (lévonorgestrel ou ulipristal acétate), il ne faut pas oublier le dispositif intra-utérin. Selon l'OMS (http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs244/fr/, 2016) le stérilet au cuivre peut être posé dans les 5 jours suivant un rapport : il joue le rôle de contraception d'urgence et peut être laissé en place. En revanche, si on pose un stérilet au lévonorgestrel (LNG), il est nécessaire d'administrer une contraception d'urgence par voie orale. La question est de savoir combien de temps ces stérilets seront-ils acceptés par les patientes.

La présente étude compare l'utilisation pendant un an d'un dispositif intra-utérin (DIU) chez les femmes demandant une contraception d'urgence, soit par un stérilet au cuivre (Cu T380A), soit par le stérilet au LNG à 52 mg associé à 1,5 mg de LNG par voie orale.

Il s'agit d'une étude de cohorte ayant inclus 188 femmes s'étant présentées à une clinique de planning familial dans l'Utah entre juin 2013 et septembre 2014 et qui ont choisi la pose immédiate d'un stérilet. Les critères d'exclusion étaient un test urinaire de grossesse positif, l'allaitement maternel, des métrorragies inexpliquées, une infection intra-utérine dans les 3 mois avant la consultation, une gonococcie ou une chlamydiose non traitée et une malformation de la cavité utérine.

Les participantes ont été suivies par téléphone, texto ou e-mail pendant 12 mois, ou jusqu'à ce qu'il y ait un abandon. Les motifs de l'abandon ou de la poursuite de ce moyen de contraception ont été évalués.

Deux femmes sur trois continuent à un an

Un DIU a été posé chez 176 femmes de 18 à 35 ans, ayant eu un rapport dans les 120 heures précédant la consultation. Soixante-six (37 %) ont choisi le DIU au cuivre et 110 (63 %) ont opté pour le DIU au LNG. À un an, 147 (84 %) participantes ont pu être suivies. Trente-trois (22 %) avaient demandé le retrait le plus souvent en raison de douleurs ou de ménométrorragies, 13 (9 %) avaient expulsé le dispositif et n'avaient pas souhaité le remettre en place, 3 (2 %) avaient eu une grossesse avec le DIU en place (dont une après expulsion passée inaperçue), et 98 (67 %) avaient encore leur stérilet. Le taux de maintien était le même quel que soit le type de DIU : 60 % des utilisatrices des DIU au cuivre et  70 % des utilisatrices des DIU au LNG conservaient encore le dispositif à 12 mois (ratio de risque ajusté RRa = 0,72 ; intervalle de confiance à 95 % IC95 : 0,40-1,3) ; 70 % de ces patientes estimaient être satisfaites de ce moyen de contraception.

Ainsi, deux tiers des femmes qui ont choisi la pose d'un DIU en contraception d'urgence ont continué à l'utiliser dans un délai d'un an. Les femmes ayant choisi le DIU au cuivre ou au LNG avaient le même taux d'utilisation à un an. Ces résultats sont en faveur de l'insertion immédiate d'un DIU pour les femmes consultant pour une contraception d'urgence et désirant poursuivre avec une méthode de contraception efficace et de longue durée. Proposer la pose d'un DIU aux « candidates » à une contraception d'urgence est donc une opportunité à ne pas négliger, même si un recul un peu plus long qu'une année eût été intéressant à observer. Il est cependant nécessaire de respecter scrupuleusement les procédures, en particulier chez les nullipares.

Dr Charles Vangeenderhuysen

Références
Sanders JN et coll. One-year continuation of copper or levonorgestrel intrauterine devices initiated at the time of emergency contraception. Contraception, 2017 ; publication avancée en ligne le 5 juin. doi : 10.1016/contraception.2017.05.012

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