Epidémie de peste à Madagascar : le bilan s’alourdit, la riposte s’organise

Antananarivo, le lundi 9 octobre 2017 -  L’épidémie de peste continue de gagner du terrain à Madagascar : le dernier bilan fait état de 42 morts (contre 36 en fin de semaine), tandis que 85 nouveaux cas ont été recensés pour la seule journée de samedi. Si la peste est endémique à Madagascar et que les flambées sont récurrentes en cette période de l’année, l’épisode connaît une gravité particulière. « L’île doit faire face à un risque de prolifération très élevé, car la maladie se propage par voie aérienne et les villes sont touchées », indique le docteur Charlotte Ndiaye, représentante de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans le pays.

De fait, 60 % des infections sont des cas de peste pulmonaire, un taux extrêmement rare au cours des épidémies de peste. Face à cette situation, la riposte de l’OMS a été rapide. Plus de 1,2 millions de doses d’antibiotiques ont été acheminées dans le pays la semaine dernière et 244 000 doses supplémentaires devraient arriver dans les jours qui viennent : il s’agit de pouvoir prendre en charge 5 000 personnes infectées. Du matériel médical et des renforts humains ont également été envoyés. Le rôle de l’OMS est par ailleurs d’éviter les mouvements de panique au sein de la population (afin de ne pas répéter les incidents survenus lors de l’épidémie d’Ebola) alors que des controverses ont déjà eu lieu concernant la responsabilité de la capitale dans la propagation de l’épidémie. Dans ce cadre, c’est la Croix Rouge qui est notamment chargée d’œuvrer auprès des familles pour qu’elles acceptent de confier leurs morts. L’objectif de l’OMS est en outre de limiter la diffusion de la maladie : ses craintes sont fortes d’une propagation au reste du pays, mais demeurent limitées en ce qui concerne les états voisins et le reste de la communauté internationale. Néanmoins, dans la région, l’inquiétude s’aiguise. Ainsi, les Seychelles ont suspendu leur vol en direction de Madagascar depuis hier, tandis que des interrogations subsistaient à la Réunion, en dépit des messages rassurants des autorités qui estiment que des restrictions de voyage ne sont pas nécessaires.

M.P.

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Vos réactions (5)

  • Yesrin oublié ?

    Le 10 octobre 2017

    Dans un journal médical, il serait normal de trouver quelques petits rappels sur cette épidémie de peste, on ne sait jamais.

    Je veux parler des rats, des puces, des bacilles. Cela peut aider à limiter l'épidémie si les traitements sont trop onéreux ou à empêcher sa propagation par les navires.

    La peste est une zoonose, maladie commune à l'homme et à l'animal. Elle est causée par le bacille Yersinia pestis, découvert par Alexandre YERSIN, un curieux élève de Pasteur en 1894, à Hong-Kong ou un élève curieux, on choisira.

    Il le fait, comme élève à la demande insistante de PASTEUR alors en lutte avec KOCH et ses élèves. A cette époque, non seulement il découvre le bacille le premier avant Berlin. Non seulement il découvre le vecteur court, de plus, il soupçonne le vecteur long: le rat mais il ne parvient pas à le démontrer.

    La découverte sur le rat sera faite, ultérieurement, justement à Madagascar depuis longtemps infectée. Ce sont les puces infectées de ces rats qui piquent les pieds des humains, ce qui donne une adénopathie inguinalE : le bubon. Ensuite l'épidémie se propage de façon aérienne.

    Disciple de Pasteur, Yersin appliquait « la méthode pasteurienne ». On doit surtout à Yersin la découverte du bacille de la peste en 1894. On lui doit aussi la préparation du premier sérum antipesteux et l'étude de la toxine diphtérique.

    Ce n'est pas tout. En 1899, Yersin introduit l'hévéa dans la région de Nha Trang et la fabrication de sérums pour l'Institut auquel il apporte des ressources. Il est aussi le fondateur de l'École de Médecine de Hanoï en 1902 (actuelle faculté de Médecine de Hanoï) dont il est le premier directeur.

    Exemple de Médecine coloniale souvent oubliée : lire le livre de Lapeyssonnie (L.) : La médecine coloniale. Mythes et réalités.

    Dr Jean Doremieux

  • Chiffres non crédibles

    Le 15 octobre 2017

    Comment se contenter de ces chiffres très certainement inférieurs à la réalité. Les rituels concernant les morts, la force des croyances, la déliquescence de la situation sanitaire (et de l'administration et du pouvoir politique) depuis plus de 40 ans et la pauvreté des communications de tous types rendent ces chiffres non crédibles et fortement minorés.

    Dr Lucien Duclaud

  • Quarantaine

    Le 15 octobre 2017

    Ce qui m'intrigue dans cette information c'est la méthode de propagation, essentiellement aérienne, ce qui est une grande anomalie pour Madagascar (+-400 cas de peste bubonique par an selon l'OMS).
    Cette voie de contamination ne justifie-t-elle pas une mesure de quarantaine radicale en provenance de Madagascar, comme l'a adopté les Seychelles et bientôt la Réunion?

    AD

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