La grippe s'installe avec une souche prépondérante absente du vaccin

Paris, le vendredi 5 février 2016 - L'arrivée de l'épidémie de grippe annoncée le 1er février par l'Irsan (Institut de recherche pour la valorisation des données de santé) a été confirmée le 3 février par l'InVS dans la plupart des régions de la métropole.

Le taux d'incidence, à 246 consultations pour syndrome grippal pour 100 000, est au dessus du seuil épidémique qui se situe à 193 cas pour 100 000. Selon l'Irsan, les régions les plus touchées sont la Normandie (394 cas), la Bourgogne - Franche-Comté (361), la Provence-Alpes-Côte d'Azur (356), les Pays de la Loire (306), puis la Bretagne (288). L'épidémie est un peu plus tardive que l'an passé.

Les virus majoritairement détectés sont de type B à 64 %. La souche B/Victoria est prépondérante (49 %), souche que le vaccin saisonnier ne contient pas. La souche A H1N1 est présente dans 26 % des cas. Le vaccin administré en France contient les trois souches suivantes : A/California/7/2009 (H1N1) pdm09, A/Switzerland/9715293/2013 (H3N2) et B/Phuket/3073/2013. L'an passé, c'était la souche A (H3N2) qui avait muté rendant le vaccin beaucoup moins efficace.

La couverture vaccinale est actuellement évaluée à 47 % (contre 46 % l'an passé). L'objectif fixé par l'OMS est de 75 %.

Sur les 5 910 personnes participant actuellement à GrippeNet.fr, 3 % avaient des symptômes compatibles avec un syndrome grippal.

L'InVS rapporte une proportion de 9 % de syndromes grippaux parmi les actes de SOS Médecins et 2 233 passages aux urgences pour grippe dont 110 hospitalisations. Depuis le 1er novembre 2015, sur les 55 personnes admises en réanimation, douze étaient vaccinées et huit sont décédées (une de 50 ans et 7 de plus de 65 ans ).

Depuis la semaine 40, dans les collectivités pour personnes âgées, 226 foyers d'infections respiratoires aiguës ont été répertoriés, dont trois attribuées à la grippe. Les résidents étaient vaccinés à 80 % et le personnel à 25 %...

Marjolaine Labertoniere

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Vos réactions (8)

  • Comme d'hab !..

    Le 06 février 2016

    Comme l'an dernier!..Est-ce bien utile de continuer à financer ces laboratoires qui se sont concertés pour ne plus fabriquer des vaccins tetra-et pentavalents ? Des chaines de fabrications pourraient être utilisées plus utilement.Pénurie de vaccin anti-coquelucheux?Mais Pasteur nous sort son hexavalent,alors que l'Infanrix Hexa est disponible partout.Concurrence et profits obligent...

    Dr Michel Remy

  • Doute

    Le 07 février 2016

    Les "Sages " de l'Académie de médecine peuvent-ils continuer à prétendre que le public doit se soumettre (par décret bientôt !) aux vaccinations suspectes, présentant des dangers, ou coûteuses autant qu'inefficaces ? Les "Sages ", comme nos gouvernements, refusent les véritables concertations, ce qui est un déni de démocratie. Il est plus facile de contraindre que de convaincre, en effet. Il ne faut pas prendre la perte de confiance à la légère, ni jeter à la poubelle toutes les informations qui circulent sur le net, mais leur répondre sérieusement, ce qui n'est toujours pas le cas. Ainsi, les autorités se discréditent davantage encore.

    Marie-France Hugot

  • Grippe dans les établissements de santé

    Le 07 février 2016

    Certes la stratégie vaccinale est loin d'être la panacée car il est très difficile d'anticiper les souches circulantes d'une année sur l'autre, ces vaccins génèrent une réponse immunitaire meilleure chez les personnes en bonne santé que chez les vieillards et les immunodéprimés, la communication sur la vaccination des soignants n'est pas bonne; il est affligeant de voir un taux aussi faible de vaccination de 25% alors que cette vaccination doit avoir pour but principal la protection des malades. La communication se fait sur le bénéfice pour le soignant et non pas pour le patient... de même pour l'entourage familial des immunodéprimés, ayons une vision davantage altruiste au delà des peurs de toxicité pour soi-même et du discours ambiant entretenu y compris par des médecins qui provoque une rupture totale de confiance.

    L'industrie n'est pas philantrope mais sans elle les seules armes efficaces n'existeraient pas, à nous de controler les excès par une vraie politique de santé publique et un juste débat.

    Dr Jacques Gilquin

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