La pollution accélérerait le vieillissement cérébral !

En plus de leurs effets néfastes sur la santé cardiovasculaire, les polluants de l’air, en particulier les microparticules, semblent contribuer à l’augmentation du risque d’apparition de divers troubles neurologiques et à une évolution péjorative de ceux-ci. Ils ont notamment été incriminés dans le déclin cognitif et l’accélération du vieillissement cérébral. Partant de ce constat, des auteurs ont utilisé les données de la grande étude randomisée américaine WHIMS (Women’s Health Initiative Memory Study) pour examiner les modifications cérébrales induites par la pollution microparticulaire. Leur étude a porté sur 1 403 femmes âgées de 65 à 80 ans et indemnes de démence lors de leur inclusion en 1996-1998, ayant eu un suivi annuel incluant l’évaluation de leur état cognitif à l’aide du MMSE (Modified Mini-Mental State Examination), et chez lesquelles une IRM cérébrale a été pratiquée en 2005-2006. Elle avaient alors atteint l’âge de 71-89 ans. Les données environnementales sur la pollution de l’air dans les divers lieux de résidence occupés successivement par les participantes au cours du suivi ont été exploitées pour estimer l’exposition cumulative aux microparticules de l’air (PM2,5) entre 1999 et 2006.

L’analyse des données d’imagerie montre qu’il existe une association significative entre cette exposition aux microparticules PM2,5 et une réduction du volume de la substance blanche des lobes frontaux et temporaux, et du corps calleux, mais pas de la substance grise. Pour chaque augmentation interquartile de niveau d’exposition cumulée (3,49 µg/m3) la diminution du volume de la substance blanche était de 6,23 cm3 (intervalle de confiance à 95 % : 3,72 à 8,74)  et celle du volume cérébral total de 4,47 cm3 (IC 95 % : 2,27-6,67), équivalente aux effets cérébraux du vieillissement sur 1 à 2 ans.  Ces anomalies de la structure cérébrale sont indépendantes de la zone géographique, des caractéristiques démographiques et socio-économiques des femmes, de leur style de vie et de leur état clinique y compris cardiovasculaire.

Les auteurs font remarquer que la seule étude récente sur la neurotoxicité cérébrale des microparticules, qui a utilisé les données de la Framingham Offspring Study (943 sujets âgés en moyenne de 68 ans), a retrouvé une réduction du volume total du cerveau. Leur étude vient renforcer l’hypothèse émergente d’un effet délétère de l’exposition à la pollution microparticulaire en terme de vieillissement cérébral. Reste maintenant à élucider les mécanismes de la neurotoxicité cérébrale des microparticules de l’air.

Dr Catherine Faber

Référence
Chen C et coll. : Ambient Air Pollution and Neurotoxicity on Brain Structure: Evidence from Women's Health Initiative Memory Study. Ann Neurol., 2015. Publication avancée en ligne le 15 juin. doi: 10.1002/ana.24460.

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