Une méthode pour convaincre les anti-vaccins ?

Los Angeles, le vendredi 7 août 2015 - Alors que la vaccination  est aujourd’hui en pleine tourmente et, qu’en France, le ministre de la Santé va jusqu’à proposer un « débat national » pour rassurer les parents qui n’ont plus confiance, une étude américaine se penche sur les méthodes permettant de convaincre les parents récalcitrants à faire vacciner leurs enfants.

Pour les besoins de ces travaux, dirigée par le professeur Keith Holyoak de l’Université de Californie-Los Angeles (UCLA) et publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Science, des psychologues de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA) ont sélectionné 315 adultes ayant des enfants ou non. Un tiers d’entre eux avait une bonne opinion de la vaccination et 10 % déclaraient être très sceptiques. Les chercheurs ont ensuite divisé les participants en 3 groupes, où les avis positifs et négatifs étaient représentés de façon égale.

Deux approches différentes

Dans le premier groupe, les participants ont été invités à lire des documents provenant du Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Ces derniers expliquaient, d’une part, que le vaccin ROR était efficace et sans risque et, d’autre part, que la littérature médicale apportait la preuve de l’absence de corrélation entre l’autisme et l’immunisation.

Pour les participants du deuxième groupe, il a été élaboré un texte expliquant les dangers de la rougeole, des oreillons et de la rubéole. Il évoquait les risques de complications ainsi que le témoignage d’une mère ayant vu la vie de son enfant menacée par la rougeole. Le texte précisait alors que la seule solution pour protéger efficacement l’enfant est la vaccination.

Les membres du troisième groupe (témoins) ont eu à lire un fascicule sur l’alimentation des oiseaux.

Rappeler les dangers de la maladie plutôt que les avantages de la vaccination

Les chercheurs ont constaté que, parmi les plus méfiants, seuls ceux du groupe 2, devenaient plus favorables à la vaccination, alors que parmi les sceptiques qui avaient reçu les documents du CDC (groupe 1), aucun changement d’attitude n’a été observé.

En conclusion, les chercheurs proposent que les campagnes de sensibilisation évoluent vers une information davantage portée sur les méfaits de la maladie avec diffusion de vidéos décrivant les cas les plus graves.

Une piste pour le grand débat national sur la vaccination ?

Frédéric Haroche

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Vos réactions (6)

  • Information complète nécessaire

    Le 09 août 2015

    Dans un problème comme celui-ci, toute information partielle ne pesant pas exactement les pour et les contre sera prise pour ce qu'elle est, une façon courte qui continuera de laisser les doutes nombreux et les polémiques fuser. Tous les sujets doivent être abordés complètement, y compris l'aspect commercial qui a ajouté de l'huile sur le feu, personne ne s'expliquant pourquoi et comment un vaccin accepté et obligatoire ne se trouve plus sur le marché, si longtemps. On doute, à raison, de la probité des laboratoires, comme de celle du gouvernement, comme de celle des médecins embarrassés, handicapés par le peu de temps à consacrer à la pédagogie, et l'on fait un amalgame stupide , divisant entre pro et contre une opinion qui a besoin de réponses claires, et complètes. Cibler sur un seul sujet de doute est une faute intellectuelle et un manque de respect pour les interlocuteurs, mais courant dans notre société très pressée et qui perd justement du temps par manque de rigueur.

    Marie-France Hugot

  • Pour des sanctions ordinales

    Le 09 août 2015

    Il faudrait dénoncer ces lobbies anti-vaccination qui agissent en "sous-main".
    En ce qui concernent les professionnels de santé, dans un 1er temps, ils doivent être avertis qu'ils seront sanctionnés s'ils persistent dans leur hérésie. S'ils persévèrent, ils doivent être poursuivis et suspendus pendant trois mois. Et s'ils persistent quand ils reprendront leur activité, ils doivent alors être interdit d'exercice. Quand une centaine de ces charlatans auront été sanctionnés avec publication de la sanction, il est vraisemblable que la plupart mettront une sourdine à leur mal-practice..
    Dr Guy Roche

  • Qui discute du Vaccin ROR ?

    Le 10 août 2015

    On parle du scandale de l'absence du vaccin DTP remplacé par un vaccin hexavalent qui coute cher à la sécu et que des parents refusent, l'Hépatite B pour un nourrisson n'est pas crédible!

    Dr François Renardet

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