Plus on est riche et moins on se retrouve en réanimation (comme patient)

Nous avons tous constaté qu’un malheur n’arrive jamais seul et que les facteurs socio-économiques ont des conséquences sur la survenue des maladies, particulièrement des plus graves. Est-ce vraiment tout à fait par hasard qu’on se retrouve un jour en réanimation, se sont demandé des auteurs finlandais en recherchant une corrélation avec la zone résidentielle des patients ?

Dans un bassin d’attraction de 400 000 habitants, soit 14 % de la population finlandaise, une étude monocentrique rétrospective a passé en revue toutes les admissions pour cause autre qu’un traumatisme et les a rattachées au code postal du lieu de résidence des patients et à la moyenne de leur revenu. Trois catégories ont été identifiées : zones à faible revenu annuel (18 979 à 28 841 €), zones à revenus intermédiaires (28 879 à 33 856 €), zones à hauts revenus (34 221 à 53 864 €).

Au total, 735 patients on été inclus, parmi lesquels le chômage, la retraite, et l’éthylisme chronique étaient fréquents. Le taux global d’hospitalisation en réanimation a été de 2,6/1 000 habitants/an. Dans la population en âge de travailler, l’incidence a été plus faible dans les zones à hauts revenus (1,5 [1,3–1,8]/1 000/an) comparée à celle des zones à revenus moyens (2,2 [1,9–2]/1 000/an, p=0,001) et à celle des zones aux revenus les plus bas (2,0 [1,7–2,4]/1 000/an, p=0,009). Les intoxications volontaires on été plus fréquentes dans les quartiers populaires. En revanche, les taux de survie ont été comparables dans les trois catégories, reflétant certainement l’excellence du service de réanimation, capable de gommer les conséquences des différences socio-économiques en matière de santé : 8 % de décès en réanimation et 7,4 % à l’hôpital dans les suites.

Selon que vous serez puissant ou misérable…

Alors que la plupart des études (américaines) sur le sujet ont porté sur le taux de survie des patients en fonction de leur niveau socio-économique, cette étude originale porte sur la (mal)chance d’être admis en réanimation selon le niveau socio-économique. L’incidence des admissions parmi la population en âge de travailler a été plus élevée de 25 % chez ceux dont le revenu annuel se situait en dessous de 38 775 €, en Finlande, pays riche s’il en est et aux assurance sociales universelles ! Travailler plus pour gagner moins de réanimation ?

Dr Bernard-Alex Gaüzère

Référence
Liisanantti J.H. et coll. : Has the income of the residential area impact on the use of intensive care? Acta Anaesthesiol Scand., 2017 ; 61 : 804–812.

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