Un matériel anesthésique réutilisable, bénéfique…pour l’environnement ?

Une approche innovante et responsable en matière de choix du matériel hospitalier ne consisterait-elle pas à intégrer les coûts environnementaux dans la réflexion purement comptable des recettes et des dépenses ?

Une étude australienne a pris en compte l’évaluation du cycle de vie (ECV) afin de modéliser les coûts environnementaux et financiers de divers scénarii de remplacement de dispositifs anesthésiques à usage unique pour les voies aériennes (circuits anesthésiques, masques laryngés, masques, laryngoscopes), par des dispositifs réutilisables. Les principaux coûts environnementaux étudiés ont été les émissions de CO2 (en équivalents) et la consommation d’eau en litres. Les coûts des sources énergétiques de l’Australie, de l’Europe et des Etats-Unis d’Amérique ont été comparés.

Moins d’euros mais plus d’eau et parfois d’émissions de CO2

Dans un petit hôpital australien doté de six salles d’opération, le coût annuel du passage des dispositifs anesthésiques à usage unique aux dispositifs réutilisables serait de 21 600 euros, soit une économie de 46 %. En Australie ce passage augmenterait les émissions de CO2 de 5 095 (intervalle de confiance à 95 % [IC] : 4 614– 5658) à 5 575 kg CO2 eq (IC : 5 542–5 608), soit une augmentation de 480 kg CO2 eq (9 %). Selon les normes Européennes, le passage de l’usage unique (5 575 kg CO2 eq) au réutilisable (802 kg CO2 eq) reviendrait à une réduction de 84 % (4 873 kg CO2eq) des émissions de CO2, alors qu’aux Etats-Unis la réduction serait de 2 427 kg CO2 eq (48 %). En Australie, le passage au réutilisable ferait presque tripler la quantité d’eau nécessaire, de 34,4 à 90,6 kilolitres.

En conclusion dans un petit hôpital australien doté de six salles d’opération, l’économie annuelle uniquement pour les dispositifs anesthésiques serait supérieure à 20 250 euros, soit pratiquement 50%, mais au prix d’une augmentation des émissions de CO2 de 10 %, laquelle pourrait être moindre dans d’autres pays, car la compensation du CO2 est hautement dépendante des sources énergétiques d’un pays. Par contre la consommation d’eau triplerait.

Y réfléchir…

Dr Bernard-Alex Gaüzère

Référence
McGain F et coll. : Financial and environmental costs of reusable and single-use anaesthetic equipment. Br J Anaesth., 2017; 118: 862-869.

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