Un milliard de migraineux dans le monde !

Le "17th Biennial Migraine Trust International Symposium" a réuni à Londres près de 1 000 spécialistes pour parler d'un trouble qui concerne de 12 à 15% de la population mondiale, soit environ un milliard de personnes. Les plus affectées sont les femmes, près d'un tiers développe une crise migraineuse au moins une fois dans leur vie, mais des études montrent que ce mythe de la femme migraineuse n'est plus vrai. On estime aujourd'hui qu'un homme souffre de migraine pour trois femmes. Les enfants et les adolescents souffrent également de migraines, avec selon les études, 5% d'enfants de 5 ans et 15% pour les adolescents. Dans cette tranche d'âge, le diagnostic est particulièrement difficile du fait de symptômes aspécifiques qui sont souvent interprétés comme des problèmes oculaires, des sinusites ou de le manque d'entrain pour le cours de gymnastique…

Sur l'étiologie de la migraine, plusieurs pistes se profilent, la piste génétique avec l'identification de gènes reliés à la migraine, la piste hormonale avec cette observation que les menstruations sont plus souvent associées à des migraines chez la femme, l'abus de médicaments et des causes psychologiques (anxiété, dépression).

Une recherche dynamique

C'est un domaine où la recherche est dynamique, les progrès ne sont peut-être pas aussi rapides que dans l'hépatite C ou les anti-coagulants, mais les études cliniques se poursuivent et les médicaments arrivent. Vingt ans après la révolution des triptans, ce sont les anticorps monoclonaux dirigés contre le CGRP (Calcitonin-Gene-Related-Peptide) qui vont probablement constituer la deuxième révolution dans le traitement de la migraine. Ce peptide présent dans le système trigémino-vasculaire exerce un effet vasodilatateur et participe aussi aux phénomènes d'inflammation neurogènes à la base de l'activation de ce système. L'intérêt de cette classe est double: agir en prévention de la crise migraineuse et en curatif dès que celle-ci est installée. Ce qui ne signifie pas pour autant que les triptans ou des antiépileptiques (topiramate, acide valproïque) sont relégués aux oubliettes, mais elle présente en tout cas l'avantage d'une quasi absence d'effets secondaires à efficacité comparable. C'est important quand on sait que près de 25% des patients abandonnent leur traitement, puis reprennent le même ou un autre sous la pression de la douleur avant de nouveau l'abandonner. La FDA et l'EMA ne s'y sont pas trompées en autorisant depuis juin 2018 l'érénumab en prévention des crises migraineuses.

Et demain

D'autres voies sont encore explorées qui ne manquent pas de sens comme la kynurénine, un métabolite du tryptophane qui chez le rat, est capable d'inhiber l'activation trigéminovasculaire, censée être responsable de la céphalée migraineuse. Les récepteurs purinergiques et les canaux ioniques HCN2 sont également des cibles thérapeutiques potentielles, considérant notamment que le gène HCN2 est fortement représenté dans les nerfs impliqués dans la douleur. Des souris génétiquement modifiées (suppression du gène) ne montrent aucune modification de leur seuil de la douleur à court terme mais perdent leur hypersensibilité aux douleurs chroniques.

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