Infections à pneumocystis de l’enfant, changement d’épidémiologie en 15 ans

La pneumonie à pneumocystis (P) est une infection potentiellement mortelle observée surtout en cas de déficit immunitaire. Avant l’apparition de l’épidémie de SIDA, cette infection était le fait des nourrissons et des patients atteints de cancer et de déficit primaire de l’immunité. Avec le VIH, le nombre de cas a augmenté de façon majeure dans les années 80 puis a baissé grâce à la mise au point des traitements anti-VIH. Bien que l’épidémiologie des déficits immunitaires se soit modifiée, on dispose de peu de données sur l’incidence actuelle de cette infection.

Des pédiatres et épidémiologistes de l’Université du Mississipi ont réalisé une étude rétrospective, sur les années 1997 à 2012, des sujets de moins de 18 ans, à partir de la base de données publique KID (Kid’s Inpatient Database). Cette base représente un échantillon de 10 % des naissances hospitalières non compliquées et 80 % des diagnostics de sortie des enfants dans les hôpitaux participants. Au total,   [erreur standard (ES) 95] cas d’infections à pneumocystis ont été identifiés pendant la période étudiée. Le taux d’hospitalisations liées au P a baissé de 1997 à 2012 de 7,5 (ES 0,91) à 2,7 (ES 0,31) par million d’enfants américains soit une diminution de 63,2 %. Les cas avec une infection par VIH ont diminué de 285 (ES 56) en 1997 (51 % des cas) à 29 (ES 7) en 2012 (13 %). Pendant le même temps, ceux avec une maladie hématologique maligne et un déficit immunitaire primitif étaient relativement stables et devenaient majoritaires. De fait, le nombre de cas liés au SIDA était en seconde position en 2006 après les maladies hématologiques et en troisième après les maladies hématologiques et les déficits immunitaires primitifs en 2009 et 2012. Les nourrissons étaient les plus affectés [510 cas (ES 40)]. La mortalité hospitalière toutes causes confondues était à 11,7% (ES 1,3 %) ; elle était particulièrement élevée pour les patients ayant eu une transplantation de cellules souches hématopoïétiques [32,4 % (ES 7,1 %), P<0,001].

L’incidence de l’infection à pneumocystis a donc nettement diminué de 1997 à 2012, au moins aux USA, tandis que baissait le nombre de cas liés à l’épidémie de SIDA ; parallèlement, le nombre de cas dus aux autres maladies est devenu prédominants. Les infections associées aux transplantations médullaires ont une mortalité particulièrement élevée. Les cliniciens doivent être attentifs aux groupes à risque, particulièrement chez les nourrissons, qui doivent bénéficier d’une chimio-prophylaxie.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Inagaki K et coll. : Pneumocystis infection in children. National trends and characteristics in the United States, 1997-2012. Pediatr Infect Dis J 2019;38:241-247

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