Une grande série de neuroborrélioses chez des enfants de Suède

L’évolution des infections par Borrelia burgdorferi peut se faire schématiquement en trois stades. Le stade primaire, résolutif, est caractérisé par l’érythème migrant autour de la piqûre de tique. Le stade primaire disséminé précoce affecte le système nerveux central (neuroborréliose, NB) avec paralysie faciale et/ou méningite lymphocytaire. Habituellement, les enfants ne souffrent pas de méningo-radiculite. Le deuxième est caractérisé principalement par l’arthrite de Lyme, plus rarement la cardite. Le dernier réalise l’acrodermatite chronique atrophiante. Les manifestations cliniques de la NB ont un début insidieux.

Les principaux signes sont une paralysie des nerfs crâniens, en particulier le facial, et/ou des symptômes diffus non spécifiques, fièvre, céphalées, léthargie, irritabilité. Le diagnostic biologique repose sur l’élévation des anticorps dans le sang et le liquide céphalorachidien (LCR) mais leur apparition peut être tardive.

548 observations

Des pédiatres suédois rapportent leur expérience de la NB chez des enfants de moins de 15 ans observés en 2002-2014. Les patients ont été identifiés par les registres des hôpitaux de Göteborg et communes voisines ; seuls les enfants résidant dans cette aire géographique ont été retenus. Les critères d’inclusion ont été des symptômes compatibles avec la NB et la présence dans le LCR d’au moins 7 cellules/mm3 avec ≥ 80 % de mononucléaires. Le diagnostic a reposé sur la culture ou la PCR ou le dosage des anticorps. En tout, 548 observations ont été retenues. L’âge médian était de 7 ans (1-14) (garçons 53 %, filles 47 %). L’incidence totale sur les 13 ans a été de 2,8/10 000 sans variations significatives selon l’année mais plus élevée dans les districts ruraux (4/104) qu’en ville (2,1/104).

Guérison complète sous antibiotiques

La piqûre de tique était connue pour 287 patients (52 %) et sa localisation préférentielle était la tête ou le cou (88/122, 72 %). Les symptômes les plus communs étaient les céphalées (n = 335, 61 %), la fatigue (330, 60 %), les parésies des nerfs crâniens (329, 59 %). Le nerf facial était affecté 307 fois (94 %, 3 fois bilatéral), le moteur oculaire externe 15 fois (3 %), le trijumeau 2 fois, le pathétique 1 fois. Deux enfants avaient des convulsions et 2 une hémiparésie transitoire. La durée médiane d’évolution des paralysies faciale avant admission était de 4 jours et des autres symptômes de 14 jours. Le taux médian des leucocytes du LCR était de 129/mm3 (7-1069) et le taux moyen de l’albumine de 0,36 g/L. Avant 8 ans, les enfants ont été traités par ceftriaxone IV 10 jours et les autres par doxycycline. Une guérison complète a été constatée à la sortie chez 161 patients (29 %) et chez 346 suivis en 4-6 semaines (63 %).

Cette série est la plus étendue en Europe et a l’incidence la plus élevée en pédiatrie. Elle peut s’expliquer par la distribution des tiques en Suède.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Södermark L et coll. : Neuroborreliosis in Swedish children: a population-based study on incidence and clinical characteristics. Pediatr Infect Dis J 2017; 36: 1052-1056.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article