Amélioration du pronostic en 25 ans pour les patients atteints de néphrite lupique terminale

L’atteinte rénale au cours du lupus érythémateux systémique (LES) est fréquente : elle revêt la forme d’une glomérulonéphrite chronique qui conduit progressivement à l’insuffisance rénale chronique (IRC) au terme d’une phase plus  ou moins prolongée souvent asymptomatique. C’est la protéinurie accompagnée en règle d’une hématurie microscopique qui la révèle avant que ne survienne un syndrome néphrotique inconstant mais caractéristique d’une atteinte rénale sévère. En dépit des progrès thérapeutiques, la néphropathie lupique évolue vers l’IRC terminale dans 20 à 25 % des cas. La mortalité précoce liée à cette dernière a diminué au cours des dernières décennies avec le développement de l’hémodialyse et de la transplantation, mais selon certaines études, elle aurait stagné entre 1995 et 2006.

Qu’en est-il avec un recul de près d’un quart de siècle ?

C’est à cette question que répond une étude dans laquelle ont été inclus 20 974 patients atteints d’une IRCT en rapport avec une néphropathie lupique diagnostiquée entre le 1er janvier 1995 et le 31 décembre 2014. Quatre tranches de cinq années chacune, avec quatre cohortes distinctes, ont été distinguées : 1995-1999, 2000-2004, 2005-2009 et 2010-2014. La mortalité globale et liée à des causes spécifiques a été évaluée au sein de chacune de ces cohortes au travers d’analyses multivariées comportant un ajustement selon les covariables pertinentes.

Baisse de la mortalité globale et d’origine cardiovasculaire

La mortalité globale pour 100 sujets-années est passée de 11,1 (intervalle de confiance à 95 %  [IC 95 %] 10,4-11,8) au cours de la période 1995-1999 à 6,7 (IC95 % 6,2-7,2) entre 2010 et 2014 (p < 0,01), le HR ajusté correspondant étant  estimé 0,68 (IC95 % 0,58-0,78) au sein de la communauté blanche, versus 0,67 (IC95 % 0,57-0,78) chez les Afro-américains et 0,51 (IC95 % 0,38-0,69) chez les Hispaniques. La mortalité cardiovasculaire dans le même laps de temps a, pour sa part diminué de 44 % et celle liée aux infections de 63 % (p<0,01).

Chez les patients atteints d’une IRCT imputable à une néphropathie lupique, la mortalité tant globale que cardiovasculaire a considérablement diminué au cours de ces dernières années, comparativement aux années 90. Cette évolution collective favorable qui concerne les principales ethnies des États-Unis mérite d’être prise en compte pour améliorer encore le pronostic de cette IRCT chez des patients qui restent à haut risque.
 

Dr Philippe Tellier

Référence
Jorge A et coll. : All-Cause and Cause-Specific Mortality Trends of End-Stage Renal Disease Due to Lupus Nephritis From 1995 to 2014. Arthritis Rheumatol., 2019;71(3):403-410.

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