La carte de l’hydroxychloroquine pour la sclérodermie localisée

Débutant en général dans l’enfance, la sclérodermie localisée peut revêtir différentes formes cliniques, la plus fréquente étant représentée par des lésions cutanées linéaires. L’étiologie demeure imprécise. Des facteurs déclenchants tels que vaccinations, infections, traumatismes sur un terrain génétiquement prédisposé sont suspectés d’être à l’origine de phénomènes immunologiques affectant le métabolisme du tissu conjonctif et induisant une fibrose. L’évolution est également imprévisible. Dans la très grande majorité des cas, la sclérose reste limitée à la peau avec un préjudice esthétique important dans certaines localisations (morphée en coup de sabre sur le visage par exemple) mais elle peut aussi toucher les tissus sous cutanés, les muscles et os sous-jacents avec parfois des manifestations systémiques (arthralgies, atteinte pulmonaire). 

La rareté de la maladie fait que l’on dispose de peu d’options thérapeutiques validées. Les données les plus convaincantes concernent la photothérapie UVA1 pour les formes purement cutanées et le méthotrexate éventuellement associé à la corticothérapie générale pour les formes plus sévères affectant les structures extra-cutanées.

Une étude rétrospective de patients de la Mayo Clinic

Des auteurs, à la célèbre Mayo Clinic, proposent une autre alternative pour les morphées localisées à la peau, rarement abordée dans les études, celle d’un antipaludéen : l’hydroxychloroquine.

Ils ont réalisé une étude rétrospective sur 84 patients traités pour une morphée, pendant au moins six mois, à la Mayo Clinic entre 1996 et 2013, avec de l’hydroxychloroquine en monothérapie.

De ces 84 patients (d’âge médian 29,5 ans au moment du diagnostic, 65 sont des femmes (77,4 %). Trente-six (42,9 %) ont présenté une réponse complète au traitement, 32 (38,1 %), une réponse partielle avec un taux d’amélioration supérieur à 50 %, 10 (11,9 %) une réponse avec un taux d’amélioration inférieur ou égal à 50 % et 6 (7,1 %) n’ont tiré aucun bénéfice de ce traitement. Dix malades ont eu des effets secondaires à type de nausées le plus souvent.

Selon cette étude rétrospective, l’hydoxychloroquine obtient donc un taux de réponse appréciable dans les morphées localisées avec peu d’effets secondaires. Des études prospectives contre placebo seraient toutefois nécessaires pour mieux évaluer sa réelle efficacité.

Dr Marie-Line Barbet

Référence
Kumar AB et coll. : Treatment of Morphea With Hydroxychloroquine: A Retrospective Review of 84 Patients at Mayo Clinic, 1996-2013. J Am Acad Dermatol., 2019 ; publication avancée en ligne le 28 janvier. doi: 10.1016/j.jaad.2019.01.040.

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