Losartan ou bétabloquants dans le syndrome de Marfan ?

Le syndrome de Marfan est une affection héréditaire qui touche le tissu conjonctif ; il est lié à des mutations du gène FBN1 codant la protéine fibrilline-1 qui est un important constituant de la matrice extracellulaire.

Cette maladie atteint de nombreux organes mais le pronostic est dominé par les complications aortiques.

Les bêtabloquants sont le traitement standard du syndrome de Marfan. Cependant, des études récentes au suivi limité, ont suggéré l’efficacité du losartan dans cette indication.

Teixido-Tura et coll. ont donc tenté de comparer sur le long terme (> 5 ans) les effets du losartan et de l’aténolol en prévention de la dilatation aortique et de ses complications chez des patients présentant un syndrome de Marfan.

L’analyse a porté sur un total de 128 patients inclus dans l’étude randomisée LOAT (LOsartan vs ATenolol) ; après randomisation, 64 patients avaient été assignés à l’aténolol et 64 au losartan ; ils ont tous été suivis, en ouvert, après l’extension de l’étude au-delà de son terme.

C’est ainsi qu’avec un suivi moyen de 6,7 ± 1,5 ans, 9 évènements (14,1 %) sont survenus dans le groupe losartan et 12 (18,8 %) dans le groupe aténolol.

Pas de différence

L’analyse des courbes de survie n’a montré aucune différence quant à l’incidence des événements du critère composite principal associant nécessité d’une chirurgie aortique, dissection aortique et décès (p = 0,462).

L’augmentation du diamètre de la racine aortique a été semblable dans les deux groupes de traitement : 0,4 mm/an sous losartan (intervalle de confiance 95 % : 0,2 à 0,5) et 0,4 mm/an sous aténolol (intervalle de confiance 95 % : 0,3 à 0,6).

Il n’a pas été non plus trouvé de différence entre les deux traitements dans tous les sous-groupes évalués en fonction de l’âge, du diamètre de la racine aortique à l’état basal et du type de la mutation du gène FBN1.

En conclusion, lors du suivi à long terme de patients qui avaient un syndrome de Marfan et étaient traités, après randomisation, par losartan ou aténolol, il n’a pas été trouvé de différence entre les deux traitements quant au taux d’augmentation du diamètre de la racine aortique ou à la survenue d’événements cliniques. En conséquence, le losartan pourrait s’avérer être une alternative utile au traitement bêtabloquant dans la prise en charge des patients qui ont un syndrome de Marfan.

Dr Robert Haïat

Référence
Teixido-Tura G et coll. : Losartan Versus Atenolol for Prevention of Aortic Dilation in Patients With Marfan Syndrome. J Am Coll Cardiol., 2018;72:1613–8.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article