La pollution prolongée contribuerait à alourdir la mortalité liée aux AVC

En matière de pollution urbaine et de contribution au réchauffement climatique, la Chine est parmi les leaders, ce qui lui confère un regard particulièrement avisé dans toutes les études épidémiologiques gravitant autour de ce thème. Par ailleurs, la prévalence et l’incidence des accidents vasculaires cérébraux (AVC) dans ce pays ne cessent d’augmenter et de peser plus lourd qu’ailleurs, du simple fait de l’immensité de sa population vieillissante. Quelques  études ont déjà établi des associations significatives entre la pollution atmosphérique et les AVC en termes de mortalité et des hospitalisations imputables à ces derniers. En revanche, l’impact éventuel sur la survie post-AVC n’a guère été abordé, ce qui fait tout l’intérêt de cette étude chinoise. Elle a reposé sur un registre national hospitalier qui a permis de recueillir de manière prospective 12 291 cas d’AVC ischémique justifiant une hospitalisation en 2007 ou 2008. La mortalité dans l’année qui a suivi a été prise en compte dans l’analyse des données, de même que l’exposition aux particules fines de l’air ambiant (PM1, PM2.5, PM10 respectivement de diamètre aérodynamique ≤1, ≤ 2,5 et ≤10 μm)  et au NO2 au cours des trois années qui ont précédé l’AVC. Cette exposition a été estimée au moyen d’algorithmes élaborés à partir de données météorologiques et géographiques, mais aussi d’informations par télédétection satellitaire. L’apprentissage automatique a été mis à contribution dans ces estimations. Le modèle des risques proportionnels de Cox, pour sa part, a permis d’évaluer les associations entre la pollution atmosphérique et la survie post-AVC.

Les particules les plus fines semblent les plus coupables

Au total, au terme de l’année de suivi ont été dénombrés 1 649 décès. Après la prise en compte des facteurs de confusion potentiels, tout au moins ceux accessibles à l’analyse, ont été décelées des associations significatives entre l’exposition aux particules les plus fines, PM1 et PM2.5, et le risque d’AVC ischémique létal. Ainsi, chaque élévation des  concentrations en PM1 et PM2.5 de 10 µg/m3 a été associée à un hazard ratio de respectivement 1,05 (intervalle de confiance à 95 % IC95 1,02-1,09) et 1,03 (IC95 1,00-1,06). Pour les PM10 et le NO2, aucune association significative de ce type n’a été mise en évidence. Les risques sont apparus plus élevés chez les hommes ou encore les sujets âgés ou obèses.

Cette étude made in China tend à alourdir encore un peu plus l’encyclopédie des doléances consacrée à la pollution atmosphérique. Il semble que la mortalité post-AVC soit influencée par l’exposition aux particules ultrafines au cours des trois années qui ont précédé l’accident neurologique. Il va sans dire que ces résultats doivent être répliqués dans d’autres pays, en  recourant à diverses méthodes d’estimation de l’exposition aux agents polluants.

Dr Philippe Tellier

Référence
Chen G et coll. : Long-Term Exposure to Air Pollution and Survival After Ischemic Stroke. Stroke. 2019 ; 50 : 563-570.

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Vos réactions (1)

  • Particules fines et AVC

    Le 08 mars 2019

    Gasoil et feu de bois!... Brûler des palettes au milieu des rond-points depuis depuis si longtemps! Les pauvres Gilets Jaunes se rendent ils compte de la quantité de particules fines qu’ils inhalent chaque samedi et de la lourde menace qui pèse sur eux ?

    Dr JY Château

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