Retour sur les cas pédiatriques de l’épidémie allemande de SHU de 2011

En 2011, Escherichia coli O104:H4 a été à l’origine de plus de 800 cas de syndrome hémolytique et urémique (SHU) en Allemagne, parmi lesquels 90 concernaient des enfants. Les données du suivi intermédiaire des jeunes patients faisant défaut, l’étude de S Loos et coll. a consisté à recueillir ces dernières à partir des observations médicales des patients inclus dans le registre pédiatrique allemand des SHU au cours de l’épidémie de 2011.

Au total, 72 des 89 enfants vivants (81 %) ont été inclus au terme d’un suivi d’une durée médiane de 3 ans (0,9-4,7). Une hypertension et une protéinurie ont été détectées dans, respectivement, 19 % et 28 % des cas. Parmi les 4 patients ayant présenté, à court terme, une insuffisance rénale chronique (IRC) de stade 2, l’un a normalisé son débit de filtration glomérulaire estimé lors du suivi prolongé alors que, chez les trois autres, la défaillance rénale a persisté (>stade 2) ; dans un cas, l’IRC s’est améliorée, passant du stade 4 au stade 3 et chez un autre enfant atteint d’une IRC de stade 5 au début de la maladie, une transplantation rénale a été nécessaire, alors que, chez un autre, une hémodialyse chronique s’est imposée tout au long du suivi.

Dialyse précoce et oligo-anurie associées à la survenue de séquelles rénales

Chez l’un des participants (1,4 %), il existait toujours des symptômes neurologiques majeurs lors de la dernière consultation. La notion d’une dialyse à la phase aiguë, la durée de cette dernière (p=0,01) et de l’oligo-anurie (p=0,005) ont été associées à la survenue de séquelles rénales. Les traitements par éculizumab (n=11) et/ou plasmaphérèse (n=13) pendant la phase aiguë du SHU ont conduit à des résultats comparables.

En bref, le pronostic des patients pédiatriques dans les suites d’un SHU provoqué par E. coli O104:H4 rejoint celui des autres formes du syndrome induites par d’autres types de STEC (Shiga toxin-producing E. coli), si l’on se réfère aux publications antérieures. De plus, un suivi régulier apparaît recommandé chez les patients qui ont été victimes d’un SHU dû à un germe du type STEC.

Dr Philippe Tellier

Référence
Loos S et coll. Intermediate Follow-up of Pediatric Patients With Hemolytic Uremic Syndrome During the 2011 Outbreak Caused by E. coli O104:H4. Clin Infect Dis 2017 ; 64 : 1637-1643.

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Vos réactions (2)

  • Un petit rappel

    Le 31 octobre 2017

    Rappelons que l'origine de cette catastrophe sanitaire a été la consommation de graines germées biologiques contaminées par un STEC et qu'en raison du fait qu'il s'agisse de la filière biologique, aucune action judiciaire n'a été entreprise contre la ferme biologique qui a empoisonné mortellement la bagatelle de 51 personnes!

    Curieusement les médias ont totalement occulté ce scandale... mais là il s'agissait de bon lobbying et pas de mauvais lobbying (comme les "méchants" Monsanto et Bayer).

    Le plus grand scandale alimentaire de ce siècle naissant!

    Dr FL

  • Filière biologique...

    Le 03 novembre 2017

    "...La filière bio a critiqué l'attitude des médias relayant abondamment le fait que ces graines germées étaient issues de l'agriculture biologique, information non pertinente car ce mode de production est soumis aux mêmes exigences en termes de sécurité sanitaire des aliments que l'agriculture conventionnelle. Les enquêteurs n'ont d'ailleurs jamais mis en évidence que la contamination de ces denrées était liée d'une quelconque manière au mode de production biologique..."
    https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pid%C3%A9mie_de_gastro-ent%C3%A9rite_et_de_syndrome_h%C3%A9molytique_et_ur%C3%A9mique_de_2011_en_Europe

    Dr JH

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