Les pistaches, un atout complémentaire en cas de diabète gestationnel

Les résultats récemment rapportés d’une étude menée par Sheng Ge, directrice de la Nutrition clinique au Sixth People Hospital de Shanghai et Zhaoping Li, professeur en médecine et Directrice du Centre pour la nutrition humaine de UCLA, Los Angeles, auprès de femmes enceintes ayant, soit une intolérance au glucose, soit un diabète gestationnel (Effects of pistachio intake on postprandial glycemic response in pregnant women) montrent, pour la première fois, que la consommation de pistaches entraîne une augmentation de la glycémie significativement plus faible qu’après la consommation de pain complet et ce durant les 2 heures suivant l’ingestion.

L’étude (randomisée, contrôlée, en cross-over) a inclus 30 femmes enceintes ayant une intolérance au glucose et 30 femmes ayant un diabète gestationnel. Ces patientes, âgées de 25 à 35 ans, étaient enceintes de 24 à 28 semaines. Elles ont été randomisées pour manger au petit-déjeuner, soit 42 g de pistaches (ce qui équivaut à une grosse poignée) ou 100 g de pain complet (2 tranches), les deux rations ayant un apport calorique similaire. Sept jours plus tard, les patientes changeaient de groupe.
Quelle que soit la pathologie, après 30, 60, 90 et 120 minutes, les glycémies étaient significativement plus basses dans le groupe pistache, et comparables aux niveaux de référence (p<0,01). L’effet sur l'insulinémie post-prandiale était encore plus marqué, puisque les taux d’insuline sont restés inchangés pendant les 2 heures suivant la consommation de pistaches (p<0,01). De plus, les taux de GLP-1 (glucagonlike peptide-1), hormone intestinale stimulant la sécrétion d’insuline, étaient significativement plus élevés (p<0,01) après 60, 90 et 120 minutes en cas d’intolérance au glucose et après 90 et 120 minutes en cas de diabète gestationnel.

De nombreux atouts nutritionnels

Pour mieux appréhender ces résultats, il faut rappeler les multiples propriétés des fruits à coque dont les bénéfices pour la santé sont régulièrement mis en avant dans la littérature médicale. Parmi eux, la pistache, connue depuis au moins 6 000 ans avant Jésus-Christ, possède des vertus particulières par rapport aux autres représentants de sa famille (amandes, noix, noisettes, noix de Macadamia, cacahuète, noix de Pécan) avec laquelle elle partage néanmoins d’autres propriétés (1). De fait, la pistache a une teneur en lipides plus basse que les autres fruits à coque (43,4 g/100 g), composée essentiellement d’acides gras monoinsaturés (24,5 g), polyinsaturés (13,3 g) avec seulement 5,6 g d’acides gras saturés. La pistache est également une bonne source de protéines végétales (environ 21 % de son poids). Quant à son contenu en hydrates de carbone, il est faible à modéré (environ 29 % du poids), et elle est aussi riche en fibres (10 % du poids) et en minéraux (potassium, phosphore, magnésium, calcium, etc.) et de vitamines A, E, C, B, K et des folates. Enfin elle a un pouvoir antioxydant considérable.

Des effets également démontrés dans le diabète de type 2

Comme son profil nutritionnel le suggère, il n’est pas surprenant que la pistache puisse jouer un rôle favorable dans le diabète gestationnel. En effet, de nombreux travaux ont déjà mis en évidence ses bénéfices dans le diabète de type 2. Mais, la pistache n’est-elle pas trop « grasse » pour être proposée à des personnes diabétiques ou en excès de poids ? Et bien non, les études épidémiologiques et les essais cliniques n’ont pas montré d’association entre la consommation de pistaches et l’augmentation du poids ou le risque d’obésité. Il y a même un travail effectué chez des diabétiques de type 2 au cours duquel une réduction significative de l’indice de masse corporelle a été constatée. Les caractéristiques nutritionnelles de la pistache sont évoquées pour expliquer ces résultats, mais il faut y ajouter sa texture qui nécessite une mastication qui, elle-même, diminue l’appétit. De plus, les acides gras polyinsaturés et monoinsaturés ont un effet thermogénique plus élevé que les acides gras saturés, ce qui peut induire une moindre accumulation de graisses. Enfin, il faut souligner que les lipides de la pistache sont incomplètement digérés dans l’intestin et donc peu absorbés.

Autre caractéristique apparemment contradictoire, la pistache est le fruit à coque qui contient le plus d’hydrates de carbone (29 % en poids). Cependant, les études épidémiologiques et les essais cliniques n’ont pas mis en évidence d’effet délétère, vraisemblablement en raison de ses autres atouts nutritionnels. Plusieurs travaux ont montré une réduction de la glycémie à jeun, voire des taux d’insuline, après la consommation de pistaches. Un essai a également révélé que l’ingestion d’un mélange de fruits à coque, dont des pistaches, pendant 3 mois, entraînait une baisse du taux d’HbA1C.

S’y ajoute le fait que les pistaches ont un indice glycémique bas, à même de réduire, en post-prandial, la glycémie et l’insulinémie. Consommées seules, leur effet est minime, mais ajoutées à des aliments riches en hydrates de carbone à indice glycémique élevé (pâtes, riz,…) ou à du pain, elles induisent une diminution de la glycémie postprandiale de façon dose-dépendante (2).
Aujourd’hui, l’étude de Ge Sheng et Zhaoping Li vient parfaitement conforter ces résultats, en montrant les atouts de la consommation de pistaches, cette fois-ci au cours du diabète gestationnel.

Ce qu’il faut retenir
•  La prévalence du diabète gestationnel dans le monde est estimée entre 9,8 % et 25,5 % (selon l’Association internationale des groupes d’études sur le diabète et la grossesse [International Association of Diabetes and Pregnancy Study Groups, IADPSG]. Une glycémie élevée pendant la grossesse peut non seulement avoir des répercussions sur la santé de la mère, mais aussi sur celle du bébé (risque de diabète, etc.). Cette étude montre que les pistaches peuvent aider à stabiliser la glycémie post-prandiale, tout en apportant des nutriments essentiels.
•  Chez des femmes enceintes ayant une intolérance au glucose ou un diabète gestationnel, on constate une augmentation significativement plus faible de la glycémie après consommation de pistaches qu’après consommation de pain complet, et ce pour chacune des mesures effectuées.
•  Les glycémies mesurées au cours des 2 heures suivant l’ingestion de pistaches sont à peine supérieures aux niveaux de référence.
•  De même, les taux d’insuline sont restés inchangés au cours des 2 heures suivant la consommation de pistaches, contrairement à ce qui est constaté après l’ingestion de pain complet.
•  Les pistaches constituent un en-cas sain pour les femmes souffrant d’intolérance gestationnelle au glucose ou de diabète gestationnel.


Article publié à la demande de l’association American Pistachio Growers

Dr Patricia Thelliez

Références
“Effects of pistachio intake on postprandial glycemic response in pregnant women”. Etude présentée à la Food & Nutrition Conference & Expo™ 2017 de l'Académie de nutrition et de diététique américaine, conduite par : le Dr Sheng Ge, médecin en chef et directrice de la Nutrition clinique au Sixth People Hospital, rattachée à l'université Jiao Tong de Shanghai et le Dr Zhaoping Li, professeur en médecine, directrice du Centre pour la nutrition humaine de UCLA et chef de la Nutrition clinique au sein de la faculté de médecine David Geffen de UCLA et du VA Greater Los Angeles Health Care System.
1-Hernandez-Alonso P et coll. : Pistachios for health: what do we know about this multifaceted nut ? Nutr today. 2016 ; 51 : 133-138.
2-Kendall CWC et coll. : Impact of pistachio intake alone or in combination with high-carbohydrate foods on post-prandial glycemia. Eur J Clin Nutr 2011 ; 65 : 696-702.

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