L’image corporelle sous le regard des autres

L’image corporelle, perception de son propre corps, mêle sentiments personnels et regard d’autrui. Une mauvaise image corporelle favorise anxiété, dépression, faible estime de soi et troubles du comportement alimentaire.

Dans les environnements sociaux où l’image corporelle est une préoccupation importante, des comportements extrêmes, comme le jeûne, des vomissements, l’usage de laxatifs sont plus fréquents. Parallèlement, des femmes se soucient davantage de l’image de leur corps, s’acceptent moins bien, et ont un comportement alimentaire moins « intuitif » quand l’entourage est focalisé sur l’apparence corporelle. Un comportement alimentaire moins intuitif signifie que les patients s’imposent des restrictions et des règles alimentaires, mangent pour compenser des sentiments dépressifs ou anxieux, et ne régulent plus leur prise alimentaire avec la faim.

Dans cette étude, les auteurs ont examiné l’influence d’environnements sociaux « désintéressés » ou au contraire focalisés sur ces préoccupations corporelles, sur le comportement alimentaire de 92 étudiantes canadiennes âgées en moyenne de 20 ans. Pendant 7 jours consécutifs, quotidiennement, elles ont rempli des questionnaires sur :
-    l’intérêt de leur environnement concernant l’image corporelle (conversations sur les régimes, préoccupations sur le corps…),
-    leur attitude vis-à-vis de leur propre corps (vision positive, satisfaction…ou non)
-    l’échelle d’alimentation intuitive, et la restriction alimentaire.

L’IMC était une covariable prise en compte dans l’analyse des résultats.

Un impact sur le comportement alimentaire

Lorsque le milieu était peu intéressé par l’image corporelle d’autrui, l’alimentation des étudiantes était davantage intuitive, avec moins de restriction calorique, et elles avaient une meilleure image de leur corps. Inversement, un entourage préoccupé par ces questions induisait des conséquences opposées. Dans le temps, les jours où les participantes étaient plus souvent au contact de gens peu investis par les questions d’apparence physique, leur alimentation et leur image corporelle étaient meilleures.

Ces résultats confirment, s’il en était besoin, l’impact de l’environnement sur les troubles du comportement alimentaire et l’image de soi. Ils soulignent aussi l’intérêt des relations avec des personnes indifférentes à ces questions pour relativiser ces préoccupations, même si ces contacts ne sont pas exclusifs.

Dr Viviane de La Guéronnière

Référence
Miller K et coll. : Exposure to body focused and non-body focused others over a week : A preliminary investigation of their unique contributions to college women’s eating and body image. Body Image, 2019, 28: 44-52.

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