Un point sur la prise en charge de l’allergie aux protéines du lait de vache

L’allergie aux protéines du lait de vache (APLV) est l’une des formes d’allergies les plus précoces. Le début se situe en effet le plus souvent avant 6 mois : troubles gastro-intestinaux, manifestations cutanées, respiratoires, parfois même anaphylactiques. Le diagnostic, parfois difficile, est fondé sur la recherche des antécédents familiaux, les tests cutanés, les dosages sérologiques, voire les tests de provocation. La précocité du diagnostic permet une prise en charge sans délai et évite l’aggravation de la symptomatologie.

Une publication récente fait le point sur l’actuelle prise en charge des enfants atteints d’APLV. La pierre angulaire reste le régime d’éviction, avec la suppression du lait de vache non hydrolysé et de tous les produits pouvant en contenir.

Les hydrolysats poussés de protéines de lait de vache en première ligne

Dès le diagnostic posé, et en cas d’impossibilité de l’allaitement maternel, le lait sera donc remplacé, en première intention, par un hydrolysat poussé de protéines de lait de vache, qu’il s’agisse d’un hydrolysat poussé de caséine ou d’un hydrolysat poussé de protéines du lactosérum. Plusieurs préparations existent sur le marché et sont prises en charge par l’assurance-maladie, sur la base d’un tarif LPPR. Les travaux montrent qu’environ 90 % des enfants tolèrent ces hydrolysats, mais que 10 % y restent allergiques : il est alors nécessaire de s’orienter vers une formule d’acides aminés (remboursée aussi sur la base d’un tarif LPPR). Les préparations à base de protéines de riz hydrolysées constituent une autre option possible quand l’enfant n’accepte pas le goût des hydrolysats poussés de protéines. En revanche, les «jus végétaux » (improprement appelés « laits ») ne sont pas recommandés, car ils ne couvrent pas les besoins essentiels de l’enfant. Quant aux préparations à base de soja, elles peuvent être responsables d’allergies croisées avec l’APLV et la présence de phyto-œstrogènes pose désormais de sérieuses questions sur d’éventuels effets indésirables à long terme. Rappelons que les laits HA, hypoallergéniques, ne sont que partiellement hydrolysés et ne sont pas indiqués pour la prise en charge de l’APLV.

Parmi les domaines de recherche plus récents, quelques études ont été publiées sur l’intérêt des probiotiques, mais ne permettent pas de les recommander dans la prise en charge de l’APLV. Enfin, la désensibilisation par l’immunothérapie semble émerger comme une piste thérapeutique intéressante.

Quid de la prévention ?

Quant à la prévention, deux évolutions ont eu lieu ces dernières années. Concernant l’alimentation de la femme enceinte, l’exclusion des œufs et du lait n’est plus recommandée, celle des arachides est controversée. Sur le sujet de la diversification, les recommandations reposent désormais sur une « fenêtre de tolérance » située entre 4 et 6 mois, qui serait idéale pour l’introduction des aliments à risque, dans l’objectif d’obtenir une tolérance. Les laits hypoallergéniques, s’ils n’ont pas leur place dans la prise en charge de l’allergie avérée, peuvent être utiles en prévention quand il existe des antécédents allergiques familiaux, en complément du lait maternel.

Notons enfin que l’APLV est un exemple de pathologie qui peut tirer un grand bénéfice du travail en pluridisciplinarité, incluant médecins, infirmiers, pharmaciens, et autres intervenants, pour optimiser la prise en charge au quotidien des enfants, éduquer et conseiller les parents et l’entourage.

Dr Roseline Péluchon

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Vos réactions (1)

  • Aplv

    Le 03 juin 2017

    Les premiers signes d'aplv sont cliniques:dès les premières tétées, refus de têter,rougeurs autour de la bouche et sur le visage.Il faut alors interroger les parents sur les antécédents familiaux.Seul le Neocate est le lait convenable.

    Dr Claudine Denis Migeon

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