L’IRM pour prédire la réponse aux infiltrations chez le sportif souffrant d’une pubalgie chronique

La pubalgie chronique du sportif ou encore symphysite se traduit par une douleur de l’aine qui irradie volontiers vers la partie haute de la cuisse. Cette pathologie de surmenage mécanique d’une région anatomique complexe peut s’avérer très invalidante, au point d’entraîner l’arrêt de toute activité sportive, hautement préjudiciable chez les professionnels de haut niveau. C’est le cas notamment des footballeurs. Le diagnostic repose sur la clinique, l’échographie et, dans les cas difficiles ou rebelles, à l’IRM. Le recours aux infiltrations peut améliorer le syndrome, mais leur efficacité symptomatique apparaît variable d’un sujet à l’autre.

Sur le plan anatomique, la région visée est un véritable carrefour où s’insèrent de nombreux muscles tout en formant une véritable chaîne muscles-tendons-os-articulation symphysaire,  laquelle va être mise à mal par les microtraumatismes et les sollicitations à répétition. En IRM, la sémiologie est relativement riche, mais elle peut être classée en quatre groupes : (1) signe de la « fente primaire » centrée sur la symphyse, en rapport avec des microdéchirures des insertions  grand droit de l’abdomen ou du long adducteur ; (2) signe de la fente secondaire lié à une atteinte de l’insertion des courts adducteurs (muscle gracilis, adductorbrevis et muscle pectiné) réalisant un hypersignal en T2 des enthèses correspondantes ; (3) ostéite pubienne ; (4) anomalies pelviennes extrasymphysaires.

Un signe isolé de la fente primaire est de meilleur pronostic

Ces anomalies ont été systématiquement recherchées chez 45 athlètes souffrant d’une douleur chronique de l’aine évoquant une pubalgie. Le tableau clinique justifiait une infiltration de la symphyse pubienne guidée par fluoroscopie, associant un anesthésique local et un corticoïde. Le suivi moyen a été de 23 mois. Une corrélation entre la réponse au traitement et les données de l’IRM avant l’infiltration a été recherchée.

Au total, un signe de la fente primaire isolé a été mis en évidence chez 42 % des participants, versus 7 % pour un signe isolé de la fente secondaire et 11 % pour une ostéite pubienne isolée. Dans 31 % des cas, les lésions étaient plus complexes et la symphyse pubienne n’a été considérée comme normale que dans 9 % des cas.

Sur le plan thérapeutique, une amélioration symptomatique sous l’effet de l’infiltration a été obtenue a été obtenue dans la majorité des cas (89 %). La réponse s’est avérée durable (au moins 6 mois) chez 58 % des patients. La présence d’un signe isolé de la fente primaire a été plus fréquemment rencontrée en cas de récupération fonctionnelle complète.

En bref, l’infiltration symphysaire de corticoïdes sous contrôle fluoroscopique s’avère à la fois efficace et bien tolérée chez les sportifs atteints d’une pubalgie chronique. L’efficacité du geste est plus probable quand l’IRM révèle un signe isolé de la fente primaire, les chances d’une récupération fonctionnelle totale étant alors particulièrement élevées. L’IRM, dans ce cas, fait la preuve de son intérêt diagnostique, mais aussi pronostique, dans la mesure où elle permet, dans une certaine mesure, de prédire la réponse thérapeutique.

Dr Philippe Tellier

Référence
Byrne CA et coll. : Sports-Related Groin Pain Secondary to Symphysis Pubis Disorders: Correlation Between MRI Findings and Outcome After Fluoroscopy-Guided Injection of Steroid and Local Anesthetic. Am J Roentgenol., 2017 ; 209 :380-388.

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