Une immunothérapie ciblée pour le glioblastome

La neuro-oncologie est restée pendant de nombreuses années orpheline d’avancées thérapeutiques majeures à la différence d’autres spécialités. Le glioblastome, tumeur cérébrale hautement maligne  a longtemps illustré cette impuissance car la survie médiane demeurait inchangée malgré de nouvelles approches. Cependant, la caractérisation moléculaire de ces tumeurs a été un progrès important en permettant la définition de nouvelles cibles thérapeutiques, notamment les facteurs trophiques comme le VEGF ou le récepteur EGF. L’immunothérapie s’est aussi développée avec des effecteurs variés. Parmi ceux-ci, on peut citer les « CAR T-cells » (Chimeric Antigen Receptor T-Cell ) qui sont des cellules T porteuses d’un récepteur chimérique. Ces lymphocytes T prélevés sur le patient sont ensuite reprogrammés génétiquement pour exprimer un récepteur modifié, en l’occurrence, le tumor-associated antigen interleukin-13 receptor alpha 2 (IL13Rα2).

Des résultats spectaculaires

Une équipe experte de Seattle avait déjà administré en intracérébral une première génération de lymphocytes T8 avec ce récepteur. Ils rapportent dans le New England journal of Medicine des résultats préliminaires chez un patient de 50 ans traité avec une seconde génération de CAR T-cells avec un pouvoir anti tumoral augmenté par addition d’autres cofacteurs. La publication de ce case report dans cette prestigieuse revue  est justifiée par l’effet spectaculaire observé sur l’imagerie et la clinique  et par le caractère particulièrement novateur de l’immunothérapie qui laisse présager une nouvelle ère thérapeutique.  Le patient dont il s’agit avait un glioblastome temporal avec les caractéristiques moléculaires suivantes : MGMT non methylé, IDH1R132H non muté et score IL13Rα2 H de100. Il a bénéficié dans un premier temps du traitement classique (radiochirurgie+témozolomide). Du fait d’une récidive locale, le malade a été inclus dans un protocole de phase I évaluant l’effet de l’administration intra-cavitaire  de CAR-T cells ciblant l’IL13Rα2. Le traitement a été complété par des résections de 3 tumeurs. L’apparition de métastases intracrâniennes a conduit les membres de cette équipe à poser un second cathéter permettant l’administration intra-ventriculaire des T-CAR cells.

L’évolution a été très favorable avec disparition des lésions, arrêt des corticoïdes puis reprise des activités et du travail. Malheureusement, après 228 jours, la maladie a récidivé dans 4 nouveaux sites avec une diminution de l’expression d’IL13Rα2. La tolérance clinique après ces perfusions était bonne malgré une libération locale importante de cytokines.

Les résultats particulièrement documentés présentés dans cet article suggèrent que l’immunothérapie locale avec les CAR-T cells représente une approche thérapeutique prometteuse dans le traitement des tumeurs cérébrales.

Dr Christian Geny

Références
Brown CE et coll. : Regression of Glioblastoma after Chimeric Antigen Receptor T-Cell Therapy. N Engl J Med., 2016; 375: 2561-9.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article