Avez-vous vérifié les vaccinations avant le traitement par anti-TNF ?

Les traitements par anti-TNF doublent le risque d’infection opportuniste. C’est pourquoi les recommandations préconisent, en prévision d’un traitement ou au début de celui-ci, que les patients soient testés pour la tuberculose et l’hépatite chronique, et au minimum vaccinés contre la grippe, le pneumocoque, l’hépatite A et B (si non immunisés).

Si l’on en croit une étude publiée récemment, ces recommandations sont loin d’être bien suivies. Il s’agit d’une étude rétrospective sur la  période 2010 à 2013, portant sur 1 400 patients atteints d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI) et nouvellement traités par anti-TNF. Si la majorité des patients (73,7 %) a bien été dépistée ou vaccinée pour l’hépatite B et la tuberculose (IDR 72,6 % et radio pulmonaire 19,1 %), moins d’1 sur 2 (43,5 %) est vacciné contre la grippe et moins d’1 sur 4 (24,1 %) contre le pneumocoque.

Un effet de l’âge du patient…et du médecin

Les auteurs ont voulu savoir si le taux de dépistage ou de vaccination était différent selon la molécule prescrite. Il s’avère en effet que les patients sous infliximab sont plus souvent testés pour l’hépatite B et la tuberculose et plus souvent vaccinés contre le pneumocoque et l’hépatite B que les patients traités par l’adalimumab. Des différences apparaissent aussi selon l’âge du patient. C’est ainsi que les plus de 50 ans sont plus souvent testés pour l’hépatite B, et plus souvent vaccinés contre la grippe et le pneumocoque. Cet effet de l’âge se retrouve d’ailleurs, non seulement chez le patient, mais aussi chez le médecin, puisque les médecins les plus âgés semblent moins respectueux des recommandations en ce qui concerne les dépistages des hépatites et la vaccination contre le pneumocoque.

Les auteurs préconisent l’élaboration d’aide-mémoires bien structurés qui permettraient au praticien de faire une synthèse rapide du statut de son patient vis à vis des recommandations. Un outil simple d’améliorer les pratiques en la matière.

Dr Roseline Péluchon

Références
Pham HV et coll. : Rates and Predictors of Vaccinations Among Inflammatory Bowel Disease Patients Receiving Anti-TumorNecrosis Factor Agents.
Dig Dis Sci., 2017 ; publication avancée en ligne le 23 Août. doi: 10.1007/s10620-017-4716-6

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Vos réactions (1)

  • Penser à vacciner aussi (et surtout) avant mise sous corticothérapie

    Le 15 novembre 2017

    Les vaccins vivants devront être fait avant la mise en route du traitement car ils seront contre-indiqué ensuite (rappel ROR si nécessaire, fièvre jaune pour les voyages futurs).
    La corticothérapie au long cours étant également une contre-indication, il faut souvent faire une fenêtre d'arrêt thérapeutique pour vacciner entre les deux thérapies, ce qui peut être cliniquement fâcheux. Donc penser à vacciner aussi (et surtout) avant mise sous corticothérapie à dose immunosuppressive !

    Dr Blandine Courtot

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