Une augmentation du risque de FA pour les chômeurs

Le chômage et les emplois instables touchent un nombre croissant de sujets aux États Unis, comme d’ailleurs en Europe. Le stress qui résulte de la perte du travail ou de l’impossibilité d’accéder à un emploi fixe a des conséquences, à long terme, sur la santé cardiovasculaire (CV). Des études antérieures ont montré que cette situation personnelle particulière augmente notamment le risque de survenue d’un infarctus du myocarde et d’un accident vasculaire cérébral. En revanche, on ignore si ces difficultés d’ordre socio-économiques augmentent ou non le risque de survenue d’une fibrillation atriale (FA).

C’est ce qu’ont tenté d’établir Soliman et coll. à partir d’une étude menée sur 8 812 habitants dans le Sud des Etats Unis (âge moyen : 58,1 ± 7,8 ans ; femmes : 63,2 % ; Noirs : 43,2 %) qui avaient été inclus, entre 2003 et 2007, dans l’essai Reasons for Geographic And Racial Differences in Stroke et pour lesquels on disposait d’informations concernant leur emploi (avaient été exclus de l’essai les sujets qui étaient sans emploi de façon assumée à savoir, retraités et étudiants).
La FA a été reconnue à l’ECG et par l’analyse des antécédents médicaux lors de la période étudiée.
Une analyse  complémentaire a été conduite chez  4 273 participants qui n’avaient pas initialement de FA mais chez lesquels une FA est survenue au cours d’un suivi moyen de 9,4 ans.

A prendre en considération dans les stratégies de prévention

Dans un  modèle ajusté selon les données sociodémographiques, les assurances de santé, les revenus, le ressenti du stress lié à la situation personnelle et les facteurs de risque CV, il apparaît que le chômage est associé à une augmentation de 60 % du risque de survenue d’une FA  (odds ratio [OR] 1,60 ; intervalle de confiance [IC] 95 % : 1,24 à 2,07).

Cette association a été retrouvée dans tous les sous-groupes stratifiés en fonction de l’âge moyen, du genre, de l’ethnie, du niveau d’éducation, des revenus, et du type de l’assurance santé.
Pareillement, le fait d’être sans emploi s’est trouvé associé à un risque significativement accru de survenue d’une FA de novo au cours de l’évolution, chez des sujets qui en étaient initialement indemnes   (OR 1,54 ; IC  95 % : 1,04 à  2,37).

Ainsi, la situation de non-emploi involontaire est associée à une augmentation du risque de FA. Cette constatation pourrait bien amener à prendre en considération les déterminants des facteurs socio-économiques, tel le non-emploi, dans les stratégies de prévention de la FA.

Dr Robert Haïat

Référence
Soliman EZ et coll. : Comparison of Risk of Atrial Fibrillation Among Employed Versus Unemployed (from the REasons for Geographic and Racial Differences in Stroke Study) Am J Cardiol., 2017; 120: 1298–1301.

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