Des antécédents traumatiques chargés pour les buveurs d’alcool et les toxicomanes

La consommation d’alcool, de drogues illicites et de psychotropes est connue pour favoriser les accidents traumatiques, peu importe le type (chute, accident d’automobile etc…). De plus on sait  que les patients hospitalisés pour traumatisme ont souvent déjà été victimes d’un traumatisme dans le passé : on parle de récidives de traumatisme (RT). Une équipe espagnole a examiné les associations entre le type de substance détectée chez les patients admis pour des blessures traumatiques et l’existence documentée de traumatisme (s) dans les antécédents.

L’étude a été menée à l’Hôpital universitaire de Grenade. Elle concerne 1 156 patients âgés de 16 à 70 ans, hospitalisés pour traumatisme, entre novembre 2011 et mars 2015 chez lesquels a été recherchée une consommation d’alcool et de drogues (cannabis, cocaïne, amphétamines, méthamphétamines, benzodiazépines, opiacées, méthadone, barbituriques et antidépresseurs tricycliques). Les antécédents de traumatismes ont été obtenus à partir du système national d’information de la santé.

Plus de récidives, peu importe la substance consommée!

Les patients étaient majoritairement des hommes (67 %). Une substance, au moins, a été détectée chez 521 patients (45,1 %) : alcool (13,7 %), psychotrope ou opiacée (12,5 %), cannabis (5,4 %), cocaïne ou amphétamines (1,2%). Plusieurs substances ont été trouvées chez 12,2 % des patients. Les sujets concernés étaient surtout des hommes (86 à 94 %), sauf pour la consommation de psychotropes ou opiacées où le pourcentage d’hommes est de 32 %...seulement.

La consommation d’alcool, de drogues illicites et de psychotropes a été significativement associée à un risque accru de récidive de traumatisme quelle que soit la substance (Odds Ratio ajusté [ORa], 2,41 ; intervalle de confiance 95 % [IC] 1,52 -3, 84 p < 0,001) et de traumatismes multiples (ORa 3,17 ; IC 2,29-4,39). Toutes les substances, individuellement ou en combinaison, étaient reliées significativement avec les récidives multiples. Ces associations sont indépendantes de l’âge, du genre ou de la présence de troubles psychiatriques.

Des programmes particuliers?

Dans un esprit de prévention des traumatismes, les auteurs soutiennent l’importance de développer des programmes pour traiter les dépendances chez les patients ayant subi un traumatisme puisque ces derniers sont plus souvent impliqués dans des accidents. Ils désirent orienter les recherches vers l’étude des liens entre certaines substances (cocaïne/amphétamine et psychotropes/opiacées) et les RT.

Cécile Michaud, inf., PhD

Référence
Cordovilla-Guardia S et coll. : Alcohol or drug use and trauma recidivism. Nursing Research, 2017; 66: 399–404.

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