A qui profite le scribe ?

Les négociations entre les syndicats de médecins libéraux et la CNAM (Caisse Nationale d’Assurance Maladie) ont démarré. L’un des volets de ces négociations, et non des moindres, concerne les assistants médicaux, dont 4 000 postes devraient être créés d’ici 2022. Si le profil, la fonction exacte et la rémunération de ces assistants médicaux restent à définir, il est difficile de ne pas faire le rapprochement avec les « scribes » qui assistent depuis plusieurs années déjà les médecins dans d’autres pays (Canada, Australie, Nouvelle Zélande, Royaume-Uni, États-Unis).

Le scribe aide le médecin dans ses tâches administratives. Il se tient auprès de lui pendant la consultation, prend les observations, rentre les données informatiques, assure les prises de rendez-vous pour les examens complémentaires ou avec les autres praticiens, s’occupe des règlements, etc. L’objectif est de décharger les médecins de ces différentes missions, pour dégager du temps médical. Plusieurs études ont montré que les praticiens apprécient de travailler ainsi et que les patients acceptent volontiers la présence des scribes. En revanche, peu d’études ont été consacrées au rapport coût/efficacité de cette « organisation » et les résultats sont contradictoires.

Un gain de « productivité » mais toujours autant d’attente aux urgences

Une équipe australienne a entrepris d’évaluer l’impact de la présence de scribes sur le fonctionnement des services d’urgences, dans 5 hôpitaux de Victoria. L’étude porte sur les différences de « productivité » des médecins selon qu’il sont assistés ou non d’un scribe (nombre total de patients, patients consultant pour la première fois), sur le délai d’attente avant de voir un médecin et sur le temps total passé aux urgences.

Dans la majorité, des cas, la présence d’un scribe augmente la « productivité » des praticiens, qui passe de 1,13 patient par heure à 1,31, soit un gain de 15,9 %. Ce sont les consultations initiales qui en bénéficient le plus (patients vus sans tri préalable), passant de 0,83 patient par heure à 1,04, soit une augmentation de 25,6 %. En revanche, le scribe ne semble pas une solution pour régler le temps d’attente aux urgences, le délai avant de voir un médecin étant ici inchangé, même si le patient restera ensuite 19 minutes de moins dans le service d’urgences. Les effets indésirables liés à la présence du scribe sont rares, le plus souvent relatifs à l’identification du patient. Les auteurs estiment que le rapport coût/efficacité pour l’hôpital est plutôt favorable, assurant un gain d’environ 25 $ par heure de travail du scribe.

Notons que dans cette étude, le travail de scribe est assuré par des étudiants en médecine ou étudiants se préparant à l’entrée en médecine, formés spécialement pour ce travail.

Dr Roseline Péluchon

Références
Walker K et coll. : Impact of scribes on emergency medicine doctors’ productivity and patient throughput: multicentre randomised trial. BMJ 2019;364:l121. doi.org/10.1136/bmj.l121

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