AIT : toujours trop de temps perdu !

On considère que le risque de « compléter » un accident ischémique transitoire (AIT) ou un accident vasculaire cérébral (AVC) mineur est de 8 % dans les 15 premiers jours, d’où la nécessité de démarrer un traitement approprié au plus tôt, pour réduire ledit risque. Une campagne dénommée FAST a été lancée au Royaume-Uni en 2009 pour populariser les symptômes (faiblesse, dysphasie, monoplégie ou paralysie faciale) qui doivent hâter le transport à l’hôpital, mais il arrive encore que des délais retardent le diagnostic et le traitement. Ceci est en partie dû à ce que l’acronyme FAST ne prend pas en compte certains signes, tels que perte de l’équilibre ou troubles visuels. Or, si une endartériectomie carotidienne est requise, elle doit avoir lieu dans les 48 h après le diagnostic. Les auteurs ont cherché à comprendre les causes des retards diagnostiques et à y remédier.

Leur étude, en 2014, a inclus tous les sujets suspects d’AIT ; tous ont eu un écho-Doppler carotidien et un scanner crânien, et ont été suivis pendant un mois au moins. On s’est attaché à identifier les signes d’alarme et à comprendre les motifs de retard, et à quelle étape du parcours de soins ils intervenaient.

Les troubles visuels très souvent négligés

Sur les 150 malades (79 hommes) inclus, un antécédent d’AIT a été retrouvé 51 fois (34 %) dont 35 fois sous forme d’un symptôme signal dans les 5 jours précédents.

Les symptômes les plus fréquents étaient un trouble de la parole (40 %), une monoplégie (le plus souvent droite), et un trouble de la vision (qui, isolé, n’a jamais orienté vers un AIT).

L’attitude des malades a été variée, la plupart ont eu recours au généraliste (61 seulement l’ont vu dans les 24 h), les autres ont appelé les urgences, ou ont consulté un ophtalmologiste, et seuls 27 (18 %) sont allés directement à l’hôpital.

Il est à noter que 92 sujets (61 %) ont consulté avec retard, dont 59 n’ont rien fait qu’attendre le lendemain, et qu’un tiers a été vu au-delà de la 48ème h. Ceci explique peut-être les séquelles observées à 5 mois chez 47 (31%) des patients.

La majorité des malades a bénéficié d’un traitement (antihypertenseurs, statines, aspirine) souvent déjà prescrit auparavant. Quatre endartériectomies seulement ont été pratiquées.

Lors du questionnaire, 88 sujets ont reconnu ne pas avoir imaginé qu’ils faisaient un AVC, 54 n’avaient pas entendu parler de la campagne FAST et, même parmi les autres, 16 % des hommes ont consulté avec retard.

Il faut inclure les troubles visuels dans FAST et réaffirmer l’urgence de consulter au moindre doute.

Dr Jean Fred Warlin

Référence
Hurst K et coll. : Delays in the presentation to stroke services of patients with transient ischemic attack and minor stroke. Brit J Surg., 2016;103:1462-1466.

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