Aux Etats-Unis, il n’y a pas que les armes à feu… il y a aussi le moto-cross

Les accidents de véhicules, y compris les accidents hors routes sont la cause principale des traumatismes crâniens et des traumatismes médullaires aux Etats-Unis. Chaque année, sont dénombrés via le système hospitalier, 3,8 millions de commotions cérébrales (c’est-à-dire touchant plus de 1 % de la population) pendant les sports de compétition ou de loisir. La littérature médicale montre que même des traumatismes crâniens modérés sont source de séquelles neurologiques chroniques et que les limites entre traumatismes cérébraux sans conséquences et avec conséquences sont encore mal connues.

De 2010 à 2015, une étude observationnelle de cohorte d’adultes victimes d’accidents de moto-cross, sport très populaire aux Etats-Unis, s’est attachée à en définir les caractéristiques et les conséquences, à partir du service d’urgence d’un hôpital universitaire comptant 73 000 passages annuels.

Ont été analysés 145 accidents de moto-cross chez 143 pratiquants, âgés d’au moins 18 ans, admis aux urgences. Il s’agissait dans 95,2 % des cas d’hommes jeunes (âge médian : 25 ans, IQR : 21–38 ans) ; 67 (46,2 %) présentaient des blessures de la tête ou de la moelle, parmi lesquels 62 seulement (92, 5 %) portaient un casque ; 43 (29,7 %) des arrivées aux urgences étaient en rapport avec des blessures de la tête : 36 (83,7 %) commotions cérébrales, 7 (16,3 %) anomalies au scanner (2 fractures du crâne, 1 hématome sous-dural, 4 hémorragies sous-arachnoïdiennes, 3 hémorragies intra-parenchymateuses et 3 atteintes axonales diffuses). Notons qu’ont été exclues de la définition des blessures de la tête, les plaies superficielles, les fractures isolées du nez… Quarante-six blessés (31,7 %) présentaient des lésions médullaires : 32 (69,6 %) des fractures du rachis, 7 (4,9 %) des lésions neurologiques significatives et persistantes, dont 2 paraplégies et 1 état végétatif. Un blessé est décédé et 3 en eu des lésions cérébrales majeures. Dix patients (6,9 %) ont été opérés : 3 interventions sur le cerveau ; 7 chirurgies du rachis. A noter que le blessé décédé et ceux aux lourds déficits neurologiques portaient tous un casque.

Des deux roues de la moto, à celles du fauteuil roulant…

Avec un taux annuel de 10 % de blessures, le moto-cross est le sport le plus à risque, loin devant d’autres sports à forts impacts comme le cyclisme, la course automobile, le speed-boat, le ski de descente et l’équitation qui font « petits joueurs » avec un taux annuel de 2 % de blessures. De plus, parmi 7 sports extrêmes, le moto-cross est responsable de 27, 67 % de l’ensemble des fractures des vertèbres cervicales.

En dépit de son caractère rétrospectif, cette étude confirme que, chez l’homme jeune même casqué, la pratique du moto-cross s’avère très dévastatrice, grevée de fortes morbidité et mortalité et d’importantes conséquences socio-économiques. Et les auteurs (vraisemblablement adeptes des 4 roues) de conclure qu’il est nécessaire de renforcer la formation et l’information des participants, les équipements de protection, ainsi que la réglementation de leur pratique. Roule toujours sur la roue arrière, tu m’intéresses !

Dr Bernard-Alex Gaüzère (motocycliste)

Référence
Silva LOJ et coll. Motocross-associated head and spine injuries in adult patients evaluated in an emergency department. Am J Emerg Med 2017 ; 35 : 1485–1489.

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