L’urgentiste et les nouveaux antibiotiques

Des patients porteurs, connus ou non, de bactéries multirésistantes (E. Coli BLSE et résistants à la colimycine, Pseudomonas aeruginosa, entérococoques vancomycine-resistants, entériobactériacées carbapénèmes-résistantes, staphylocoques dorés méthicilline-résistants) sont souvent admis aux Urgences.

Alors que les résultats bactériologiques ne sont pas immédiatement disponibles, les Urgentistes ont la dure tâche de devoir reconnaître les signes d’une infection. Après avoir recherché et pris en compte les antécédents et le mode de vie du patient qui peuvent contrecarrer l’habituelle antibiothérapie de première ligne, ils doivent instaurer une antibiothérapie probabiliste adaptée, précoce et parfois à large spectre, laquelle sera reconduite dans les services d’aval dans l’attente d’une consultation d’infectiologie. En effet, il a été démontré que l’initiation d’une antibiothérapie adaptée dans la première heure est le facteur prédictif de mortalité le plus important chez les patients septiques et que ceux qui ne reçoivent pas le bon antibiotique décédent 5 fois plus (1).

Des auteurs d’outre Atlantique ont donc passé en revue les antibiotiques récemment approuvés aux Etats-Unis et/ou réservés aux infections résistantes et ont tenté d’en rationaliser leur utilisation probabiliste et précoce dès le service des Urgences.

Quels sont les patients à risques ?

Il convient en premier lieu d’identifier aux Urgences les patients à risques d’être porteurs de bactéries multirésistantes.

 

Antibiotiques récemment approuvés et antibiotiques pour les infections résistantes

Il convient en second lieu de s’efforcer de rechercher dans les antécédents du patient l’isolement de bactéries multirésistantes et enfin de proposer une antibiothérapie adaptée.

Légende :

IIAc : infections intra-abdominales compliquées
PNPN : pneumonie nosocomiale
IBCSCA : infection bactérienne cutanée et sous-cutanées aiguë
IBCSCc : infection bactérienne cutanée et sous-cutanée compliquée
IUc : infections urinaires compliquées
PAVM : pneumopathie acquise sous ventilation
PNPC : pneumonie communautaire
TP : taux de prothrombine
TPa : taux de prothrombine activé


Les urgentistes en première ligne

L’émergence de la résistance aux antibiotiques a des implications sur les Urgentistes qui doivent, comme les autres médecins se tenir au courant au sein de la commission des anti-infectieux, des dernières nouveautés en matière d’antibiothérapie adaptée aux BMR et d’écologie bactérienne de leur hôpital. De plus, les nouveaux lipoglycopeptides d’administration hebdomadaire peuvent permettent le traitement à titre externe de certaines infections de la peau et des tissus.

Dr Bernard-Alex Gaüzère

Références
1) Kumar A et coll. : Duration of hypotension before initiation of effective antimicrobial therapy is the critical determinant of survival in human septic shock. Crit Care Med., 2006 ; 34 : 1589–1596
2) Mazer-Amirshahi M, Pourmand A, May L : A review of newly approved antibiotics and antibiotics reserved for resistant infections: Implications for emergency medicine. Am J Emerg Med., 2017; 35 : 154–158.

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