Être plutôt couchée que debout pour la deuxième phase du travail

S’il est parfois proposé aux patientes de déambuler au cours de la deuxième phase du travail, c’est que la position de la future mère pendant cette phase pourrait avoir une influence sur le déroulement de l’accouchement. Les bénéfices de la position verticale par rapport à la position allongée ne sont toutefois pas clairement démontrés.

Pour avancer un peu sur ce sujet, un essai randomisé a été mené récemment dans 41 maternités du Royaume-Uni. Il a inclus plus de 3 mille nullipares, arrivant à terme, avec un fœtus unique en position céphalique et ayant choisi une anesthésie péridurale. Les unes (n = 1556) préféraient la position verticale et il leur était alors demandé de la conserver le plus longtemps possible jusqu’à la naissance (marche, station debout, assise en dehors du lit, à genoux, accroupies ou dans toute autre position maintenant le pelvis vertical). Les autres (n = 1537) étaient allongées, sur le côté droit ou gauche pour éviter la compression aorto-cave, sur un lit avec une inclinaison de 30°, pour maintenir le pelvis à l’horizontale aussi longtemps que possible.

Davantage de chances d’accoucher spontanément par voie basse quand on est allongée

Les résultats sont significativement en faveur de la position allongée, qui augmente de 5,9 % les chances d’accouchement spontané par voie basse (41,1 % vs 35,2 % ; Odds Ratio ajusté 0,86). Le nombre de femmes devant accoucher en position allongée est de 17 pour obtenir 1 accouchement supplémentaire spontané par voie basse. En revanche, il n’apparaît aucune différence pour les autres paramètres maternels et du nouveau-né, parmi lesquels les extractions instrumentales (Risque Relatif  [RR] 1,08 ; intervalle de confiance à 99 % [IC] 0,99 à 1,18), les lésions du sphincter anal (RR 1,27 ; IC 0,88 à 1,84), le score d’Apgar inférieur à 4 à 5 minutes (RR 0,66 ; IC 0,06 à 6,88) et l’incontinence fécale maternelle 1 an après l’accouchement (RR 1,18 ; IC 0,61 à 2,28).

Si ces résultats semblent convaincants et devraient inciter les praticiens à encourager les femmes à préférer la position allongée pour leur accouchement, les auteurs précisent que ces données ne s’appliquent qu’à des nullipares, en deuxième phase de travail et sous péridurale. Rien n’indique que les résultats seraient les mêmes pour des multipares, même avec péridurale, ou pour des patientes, quelle que soit leur parité, sans analgésie.

Dr Roseline Péluchon

Références
The Epidural and Position Trial Collaborative Group : Upright versus lying down position in second stage of labour in nulliparous women with low dose epidural: BUMPES randomised controlled trial .
BMJ 2017;359:j4471

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