Quand les derniers ovocytes partent en fumée…

La ménopause survient avant 45 ans chez environ 5 à 10 % des femmes et est associée à un risque plus élevé d’effets secondaires. Parmi ses nombreuses conséquences délétères, le tabagisme est connu pour favoriser une ménopause précoce.
Les hydrocarbures polycycliques aromatiques ou HPA présents dans les énergies fossiles sont également retrouvés dans la fumée de cigarette. Ils déclenchent l'expression du gène Bax dans les ovocytes, et entraînent ainsi leur apoptose en se fixant  sur un récepteur nommé AHR (Aromatic Hydrocarbon Receptor).

Des auteurs ont voulu savoir s’il y avait des différences entre le fait d’être fumeuse ou ancienne fumeuse et en fonction du nombre de cigarettes fumées quant à la date de survenue de la ménopause. Ils ont donc étudié un registre de santé d’infirmières incluant ainsi 116 429 femmes entre 1989 et 2011.

Le risque de ménopause précoce augmente avec le nombre de paquets-années

Comparativement aux femmes n’ayant jamais fumé, les fumeuses ont un risque relatif global de 1,90 (intervalle de confiance à 95 % [IC 95 %] : 1,71-2,11) de ménopause précoce.
Le risque est augmenté parmi les fumeuses en fonction du nombre de paquets-année (PA) avec un risque relatif de 1,72 (IC 95 % : 1,36-2,18) pour 11 à 15 PA, de  1,72 (IC 95 % : 1,38- 2,14) pour 16 à 20 PA et de  2,42 (IC 95 % : 2,11-2,77) pour les femmes fumant plus de 20 PA.

Concernant les anciennes fumeuses, le risque persiste. Pour des fumeuses ayant fumé 11 à 15 PA, le risque relatif est de  1,29, (IC 95 % : 1,07-1,55),  pour des fumeuses ayant fumé 16 à 20 PA, le risque relatif est de  1,42 (IC 95 % : 1,13-1,79) et pour des tabagismes anciens de plus de 20 PA le risque relatif est de 1,54 (IC 95 % : 1,23-1,93).

Cependant, les femmes qui ont fumé moins de 10 cigarettes par jour et qui ont arrêté avant l’âge de 25 ans, ont un risque comparable au non-fumeuses (Hazard Ratio = 1,03 ; IC 95 %: 0,91-1,17).
Les anciennes fumeuses ont quant à elles un risque relatif global de 1,10 (IC 95 % : 1,00- 1,21).

Ainsi, il existe bien une relation entre quantité de tabac consommé et le risque de ménopause précoce et le risque est diminué pour celles qui ont arrêté de fumer précocement.

Dr Sylvie Coito

Référence
Whitcomb BW et coll. : Cigarette Smoking and Risk of Early Natural Menopause. Am J Epidemiol., 2017 ; publication avancée en ligne le 10 août. doi: 10.1093/aje/kwx292.

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