Alcool : malgré les lobbyistes…le combat continue

Interview du Pr Michel Reynaud. Professeur de psychiatrie et d'addictologie, université Paris XI, président du Fonds Actions Addictions.

Souvent considéré comme le parent pauvre de la santé publique, la lutte contre l’alcoolo-dépendance est revenue récemment sur le devant de la scène avec la nomination controversée d’une lobbyiste du vin comme conseillère pour les affaires agricoles auprès du nouveau Président de la République.

Cette actualité a mis en exergue la lutte continuelle que doivent livrer, contre ces "lobbys", les médecins addictologues qui souhaitent sensibiliser la population des risques d’une consommation excessive d’alcool…

Pour connaître la situation et les perspectives de la lutte contre l’alcoolo-dépendance, tant dans les champs de la prévention que des thérapeutiques, le JIM s’est entretenu avec le Pr Michel Reynaud.

Médecin psychiatre de formation, ce dernier a été l’un des pionniers de l’addictologie en France et il a notamment été l’auteur principal d’Alpadir,  une étude randomisée en double aveugle du baclofène à haute dose dans l’alcoolo-dépendance. Professeur à l’université Paris XI. Il préside actuellement le Fonds Actions Addictions et développe le site internet Addict’Aide.

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Vos réactions (3)

  • Les lobbies de l'alcool sont trop puissants

    Le 27 juin 2017

    On ne peut qu'être d'accord bien sûr avec tout ce que dit le Pr. Reynaud. En 34 ans d'activité psychiatrique dans une région fortement pinardière (l'Alsace), je n'ai pu que constater les méfaits de cette drogue (les encéphalopathies alcooliques par exemple dont on ne parle jamais), bien plus élevés que celle de n'importe quelle autre, y compris l'héroïne. Mais il a fallu l'acharnement de plusieurs chercheurs pour prouver les dégâts du tabac (qui a pourtant le mérite de n'être nocif principalement que pour le consommateur), alors l'alcool...Autant lutter avec un seau d'eau contre un incendie que d'autres (auxquel-le-s je souhaite d'épouser un conjoint alcoolique) alimentent au lance-flamme.

    Dr Jean-Pierre Huber

  • L'information est dépendante de son origine

    Le 28 juin 2017

    Ce qui m'énerve dans tous ces problèmes de dépendance ou autre c'est la référence trop fréquente au lobbys. C'est comme la visite médicale, il faut garder l'esprit critique, l'information est dépendante de son origine. N'y a t-il pas autre chose à faire que de dire c'est pas ma faute c'est à cause de l'autre ?

    Dr Jean-Paul de Bosschere

  • Les lobbies de l'alcool et les autres

    Le 29 juin 2017

    Depuis 2010 avec d'autres, nous nous battons pour aider les malades alcoolo-dépendants. Nous rencontrons de nombreuses difficultés. Les lobbies...

    En 7 ans de combats j'ai eu beaucoup de lobbies en frontal, mais jamais ceux de l'alcool.
    Les viticulteurs français nous ont même aidé dans notre combat pour la reconnaissance du baclofène. Pour eux, un malade alcoolique guéri au baclofène et qui devient consommateur raisonnable de grands crus donne une meilleure image de leur travail qu'un malade ivre mort !

    Il n'en est pas de même pour les autres fabricants et/ou importateurs d'alcools forts. Mais jamais d'opposition frontale.

    Non ! Les véritables oppositions frontales viennent les lobbies qui font de cette maladie, pour toute ou partie, leur fonds de commerce :
    - les labos,
    - le système de traitement actuel depuis l'alcoologue jusqu'aux centres de cure (dont Reynaud, Batel, Aubin, Paille... bref les hauts placés de la SFA),
    - des "associations" avec des milliers de salariés et des millions de subventions qui vont dans le même sens,
    - et les autres qui ne supportent pas qu'un simple médicament prescrit par le médecin de famille ou le psy règle facilement ce fléau... et détruise leur sacro saint principe de l'abstinence à vie !

    Yves Brasey

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