Des dangers de l’accès partiel aux professions de santé

Interview de Philippe Tisserand, infirmier libéral, président de la Fédération Nationale des Infirmiers

Le 20 janvier dernier, une ordonnance venait transposer une directive européenne organisant l’accès partiel à certaines professions de santé. Derrière cette désignation énigmatique se cachent potentiellement le morcèlement des soins infirmiers, la confusion pour les patients, le développement de soins low-cost

En effet, s’il était définitivement adopté par le Parlement, le texte prévoit que des auxiliaires médicaux diplômés à l’étranger, dont les professions sont inexistantes en France (auxiliaire en plaies et cicatrisation, assistant en diabétologie…), pourront exercer dans notre pays, risquant d’une part de semer la confusion et d’autre de faire courir des dangers aux patients en raison de leurs compétences insuffisantes pour une prise en charge globale.

Que les pharmaciens et médecins ne s’y trompent pas, s’ils ne réagissent pas de concert avec leurs collègues infirmiers, le temps de l’accès partiel à leur profession viendra peut-être également, d’autant que contrairement à d’autres états européens, la France apparaît, dans ce dossier comme un « bon élève »…

Réagir

Vos réactions (2)

  • Politiquement incorrect

    Le 04 novembre 2017

    Et pour quoi pas un statut d'infirmier clinicien. BAC+5 ...
    Faut-il un doctorat pour renouveler un traitement HTA ou le suivi trimestriel du diabète?
    Un maison médicale avec 4 infirmiers cliniciens et un grand docteur pour régler les soucis çà coûte moins cher, çà dépanne en zone sous médicalisée, ça motive les infirmiers pour une évolution de carrière. Le Docteur retrouve son rôle d'expert...

    Un peu comme les assistant médicaux aux US... On peut même en former un à l’échographie...
    Politiquement incorrect et pourtant...

    Dr Philippe Lorriaux

  • Pratique avancée et représentations

    Le 24 novembre 2017

    Lorsque j'ai évoquée la formation Master 2 en pratique avancée comme une réponse à la pénurie médicale (et non comme une avancée de la profession), il m'a été répondu par des administratifs : "Des sous médecins ? On n'est pas tombé si bas quand même ! "Déjà que notre profession est méconnue et en premier lieu par les médecins... alors si on avance dans l'expertise. L'infirmière, n'est-ce pas celle qui est "la petite main du médecin" ?

    Florence Nightingale, réveilles-toi ! Ah ben non, elle est du 19ème siècle cette pionnière... Mais bon, on n'a pas beaucoup avancé depuis, hein ?

    Charlaine Durand

Réagir à cet article