Mortalité accrue pour les gros consommateurs de viande rouge !

Certains travaux ont alerté sur le lien entre la consommation de viandes et le risque de décès prématuré. Ce lien n’est toutefois pas retrouvé dans toutes les études. Il est vrai que les viandes ne sont pas toutes du même type, viandes blanches, viandes rouges, viandes rouges transformées, etc., et qu’il n’est pas impossible que ces variétés aient des effets différents sur la santé. Car si 60 % de la population des Etats-Unis consomme les quantités de protéines recommandées, le type de viandes, en grande partie à l’origine de ces apports protéiques, peut être un élément intéressant à considérer.

C’est ce qui a été entrepris par une équipe états-unienne, sous la forme d’une étude populationnelle, à partir d’une base de données incluant plus de 530 mille participants âgés de 50 à 71 ans au début de l’étude et suivis pendant 16 ans. L’objectif était de déterminer l’association entre la consommation de différents types de viandes et de différents composants contenus dans ces viandes et la mortalité.

Devenir végétarien…

Le constat est sans appel et va conforter les végétariens dans leur choix. Il apparaît en effet une augmentation du risque de mortalité toutes causes chez les plus « gros » mangeurs de viande rouge en comparaison avec ceux qui en mangent le moins (Hazard Ratio 1,26 ; intervalle de confiance à 95 % [IC] 1,23 à 1,29). La consommation de viande rouge augmente aussi le risque de décès pour 9 causes différentes (cancer, pathologie cardiaque, pathologie respiratoire, accident vasculaire cérébral, diabète, infections, maladie d’Alzheimer, insuffisance rénale chronique, insuffisance hépatique). Le lien est présent que les viandes soient transformées ou non.

Le fer héminique contenu dans la viande rouge et surtout les nitrates et nitrites présents dans les viandes transformées participent pour une large part à ce lien entre consommation de viandes et risque de mortalité. Une association indépendante est présente entre la consommation de fer héminique et de nitrates/nitrites et la mortalité toutes causes.

Ou se limiter aux viandes blanches

En revanche, à consommation égale de viande, ceux qui consomment plutôt des viandes blanches (y compris poissons) ont une réduction de 25 % du risque de mortalité par rapport à ceux qui en consomment le moins. La majorité des causes de décès considérées dans cette étude entretient une relation inverse avec la consommation de viandes blanches.

Les auteurs estiment que le stress oxydatif serait le responsable de cette association entre viande rouge et mortalité. Le fer héminique et les nitrates/nitrites sont des pro-oxydants et sont susceptibles de créer des dommages et une inflammation dans différents organes.

Il n’en reste pas moins que les résultats de cette étude observationnelle doivent être tempérés par la possibilité de multiples facteurs de confusion…

Dr Roseline Péluchon

Références
Etemadi A. et coll. : Mortality from different causes associated with meat, heme iron, nitrates, and nitrites in the NIH-AARP Diet and Health Study: population based cohort study
: BMJ 2017; 357: j1957.

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Vos réactions (10)

  • Tapage "écologique"

    Le 22 mai 2017

    "Il n’en reste pas moins que les résultats de cette étude observationnelle doivent être tempérés par la possibilité de multiples facteurs de confusion…" Alors pourquoi ce tapage "écologique" (les vaches "pètent" et polluent plus que les diesels qui, il y a peu, étaient des parangons de vertus et maintenant voués aux gémonies !).

    Article sans réelle valeur scientifique, se basant sur de la viande hormonée, juste pour faire peur !
    Ecrit par un végétarien ?

    Dr Marc Lemire

  • Le dénigrement comme science ?

    Le 23 mai 2017

    Cher confrère, Dr Lemire,

    Votre message est consternant pour la responsabilité que notre titre et notre métier nous confèrent.

    L'épidémiologie est bel et bien une science, et comme les autres modèles de recherche, elle a des limites qu'on identifie, contrôle et minimise par différents moyens (choix du plan expérimental+++, prise en compte des biais et les facteurs confondants par l'ajustement, etc). Ce n'est pas parce que vous n'y êtes pas compétent qu'elle n'a aucune valeur. L'épidémiologie a permis l'identification de nombreux facteurs environnementaux liés à morbidité et mortalité. Le tabac est un exemple d'histoire.

    Cet article sans valeur scientifique, vous dites, fait référence à une publication du British Medical Journal. Que je suis persuadé que vous n'avez même pas ouverte pour lire l'état des lieux des connaissances sur le sujet.
    Elle se range dans une masse de données considérable de la littérature scientifique, qui ont fait que le CIRC a classé la viande rouge transformée comme cancérogène (groupe 1) et la non transformée comme cancérogène probable (groupe 2A).

    Une étude n'est jamais esseulée : elle naît généralement de données pré-existantes et du besoin de les vérifier, les reproduire, les compléter, etc. Merci donc de lire la section Introduction ou Discussion de l'étude du BMJ pour avoir un état des lieux du sujet.

    Même si c'est totalement hors sujet, sauf pour vous, je serai ravi d'obtenir les références des travaux scientifiques ayant démontré que la supériorité "écologique" ou sanitaire du diesel. Sur une bonne revue à comité de lecture s'il vous plait, pas de theorieducomplot.com.

    Dr Bruno Chabanas

  • L'épidémiologie n'est pas une science, mais une singerie

    Le 25 mai 2017

    ....mais est devenue un simple galimatia politico-marchand, dont les acteurs et les zélateurs croient ou veulent faire croire qu'il font de la science simplement parce qu'ils utilisent des recettes issues de la théorie des probabilités, recettes utilisées , d'ailleurs, hors des conditions d'application des théorèmes dont elles sont issues.

    Au moins, les vrais scientifiques utilisant les statistiques (exemple, en physique statistique) vérifient expérimentalement, que leurs hypothèses d'application des mathématiques au réel étaient exactes.

    L'épidémiologie, comme d'autres pseudo sciences (ex: l'économie) essaie de "singer" la physique...sans en avoir la rigueur causaliste.

    Dr Y. Darlas

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