Cas d’école : la vaccination contre le HPV

Paris, le mardi 16 septembre 2014 – La méfiance que semble susciter la vaccination en France est souvent mise sur le compte (outre une certaine tendance française à l’incrédulité systématique) de groupes d’activistes de plus en plus puissants, grâce notamment aux possibilités de communication offertes par internet. Il apparaît cependant qu’au-delà de ces ligues anti vaccination, l’attitude des autorités compétentes n’offre pas toujours une réponse très lisible. La France connaît par exemple un important retard concernant la vaccination contre les papillomavirus (HPV), par rapport à nombre de ses voisins européens. La couverture vaccinale des jeunes filles de 16 ans ne dépasse pas en effet aujourd’hui les 20 % quand elle atteint jusqu’à 80 % au Danemark, au Portugal ou en Grande-Bretagne. Bien sûr, les rumeurs, parfois nourries par certains professionnels, autour de la dangerosité ou l’efficacité insuffisantes des vaccins sont pour une large part à l’origine de cette situation. Cependant, la mise en place de la vaccination contre le HPV a également été marquée en France par des atermoiements délétères de la part des responsables sanitaires sur les conditions de sa mise en œuvre, qui ont pu renforcer le sentiment de méfiance de la population ou plus simplement l’inciter à l’attentisme.

Six ans pour s’aligner sur les recommandations appliquées partout dans le monde

On se souvient par exemple comment au printemps 2007, le Conseil supérieur d’hygiène publique (CSHP devenu aujourd’hui le Haut conseil de santé publique, HCSP) créait la surprise en recommandant que la vaccination anti HPV soit mise en œuvre chez les jeunes filles à partir de l’âge de14 ans. Une telle préconisation semblait aller à l’encontre de toutes les recommandations émises à l’étranger : en Autriche, la vaccination est conseillée dès l’âge de 9 ans, aux Etats-Unis à partir de 11 ans et en Australie entre 12 et 13 ans. Il fallut attendre janvier 2013 pour que le HSCP entende finalement les recommandations de l’ensemble des sociétés savantes françaises et internationales sur le sujet et préconise un avancement de l’âge de la vaccination HPV des jeunes filles dès 11 ans !

Sur les traces du Danemark, de l’Australie et de la Grande-Bretagne

Cette décision paraissait être le point de départ à une politique plus cohérente en matière de vaccination contre le HPV. Aujourd’hui, le HSCP va même plus loin puisque dans un avis qui vient de paraître, s’inspirant des exemples britanniques et australiens, il estime que la vaccination devrait être proposée en milieu scolaire et qu’elle pourrait même l’être éventuellement dès l’âge de neuf ans. « La vaccination à l’école améliore la couverture vaccinale. Elle règle aussi un autre problème inquiétant, qui est qu’il est probable que les filles qui se font vacciner sont les femmes qui se feront dépister. Cela signifie que le vaccin, actuellement, ne bénéficie pas à ceux qui en ont le plus besoin » explique au site Pourquoi Docteur le professeur Daniel Floret, directeur du Comité technique des vaccinations au sein du HSCP. Le Professeur Catherine Weil Olivier, professeur de pédiatrie à l’université de Paris Diderot renchérit en affirmant que les pays qui connaissent la meilleure couverture vaccinale sont ceux qui ont eu recours à la vaccination scolaire. D’autres comme le Danemark ont pu compter sur un maillage de médecins généralistes engagés et n’ont pas pâti de l’action de certains groupes activistes. « Nous avons peu de groupes qui militent contre la vaccination, nos médecins généralistes sont aussi très impliqués et la recommandent aux jeunes filles » précise citée par Pourquoi Docteur le docteur Birgitte Baldur-Felskov, chercheuse au Danish Cancer Society Research Center.

Parallèlement à ces recommandations concernant la vaccination, le HCSP plaide pour la mise en place d’un programme de dépistage organisé sur l’ensemble du territoire français.

Aurélie Haroche

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Vos réactions (16)

  • Honnêteté

    Le 16 septembre 2014

    Affirmer, comme vous le faites, que le vaccin protège contre l'HPV sans préciser que seules 4 souches sur 200 (dont 2 sont considérées comme non cancérigènes) font l'objet du vaccin, est-ce bien honnête ?

    Joseline Le Manach

  • Dénigrement systématique

    Le 21 septembre 2014

    Joceline Le Manach, quelle est votre expertise ?
    Merci de nous donner l'exemple même, non seulement de l'incrédulité,mais plus grave aussi,
    du dénigrement systématique.
    Dr Jackie Durand (qui a pratiqué des milliers de vaccinations, pendant 40 ans, sans jamais
    aucun effet secondaire grave, même avec l'antivariolique !)

  • Epargner 2500 morts par an

    Le 21 septembre 2014

    La malhonnêteté n'est ce pas de dénigrer sur l'absence de réussite à 100 % ? Classique tactique. Mais ne vous inquiétez pas le vaccin HPV nonavalent qui sera bientot disponible permetra de dépasser les 90%. Quoiqu'il en soit le meilleur moyen d'être efficace est de vacciner avec la meilleure couverture vaccinale possible. Vacciner correctement contre hepatite B et HPV les ado c'est épargner facilement 2500 mort par an en France avec des moyens disponibles. Idem que Ebola mais tous les ans et depuis des années.

    Dr François Vié le Sage

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